GEORGES BERNANOS ET LA CHRÉTIENTÉ MILITAIRE

Posté le 8 mai 2017 par apreslhistoire dans Art et littérature, Morceaux choisis

 « On a volé leur patrie aux Français, je veux dire qu’on la leur a rendue méconnaissable.
Elle n’évoque même plus pour eux l’idée d’honneur ou de justice. [...]
La France ne ressemble plus aux Français, elle n’a ni leurs vertus, ni leurs vices,
ni aucun de ces défauts qui leur sont plus chers que leurs vices ou leurs vertus,
elle ne parle pas leur langage, elle ne dit rien,
elle est l’idole muette d’un peuple bavard. » 

Georges Bernanos (1)

« Je chemine au-devant de mes pensées en exil
dans une grande colonne de silence. »

Léon Bloy 

Bagnoles - 1  Église de Tessé-la-Madeleine (Orne)
Photographie : Emmanuel Fournigault 

Les romans de Georges Bernanos (1888-1948) ont marqué l’adolescence et la vie de jeune adulte de nombreux lecteurs. L’abbé Donissan, Menou-Segrais, (Sous le soleil de Satan), l’émouvante Chantal Chevance (La Joie), l’attachante Mouchette (Nouvelle histoire de la Mouchette), l’inquiétant Monsieur Ouine et bien d’autres héros et héroïnes peuplent l’imaginaire des « bernanosiens » indéfectibles. Je n’aurai pas la prétention d’écrire grand-chose sur cet auteur immense, préférant laisser cela à plus grands que moi. (2)

Ce que je sais, c’est que Bernanos appartient à mon intimité de lecteur, avec Barbey d’Aurevilly, Flaubert, Balzac pour ne citer qu’eux. Chaque année, je les retrouve ou les redécouvre ; ils sont le point de repère, « le ciel des fixes » (Charles Du Bos) dans le tumulte, l’affairement inutile qui sont trop souvent le lot de nos vies…

Mais Georges Bernanos n’est pas que romancier, comme on le sait, il est aussi pamphlétaire (Les grands cimetières sous la lune, La France contre les robots,…) et diariste. Si je m’exprime au présent, c’est parce que, comme tous les très grands, il dépasse son époque, il enjambe son siècle, parle encore des décennies après sa mort à qui veut bien l’écouter et donc le lire. À la différence de la « littérature » de notre époque (ou d’une grande partie d’entre elle), il s’inscrit dans une lignée, il témoigne pour l’avenir, il ne ménage pas ses « proches » (catholique intransigeant, comme Bloy ou Péguy qu’il lisait, il a écrit des lignes virulentes contre les institutions catholiques, leur compromission avec des régimes honnis et leur lâcheté…), ne cherche pas à plaire (sa critique contre la démocratie ferait sans doute s’épouvanter les « belles âmes » qui font la doxa dans tous les médias si elles le lisaient…). Il prend date et c’est bien pour cela qu’on peut le lire ou le relire sans avoir l’impression qu’il soit « daté ».

Son amour de la France, de la patrie, de ses racines chrétiennes, qu’il n’invoquait pas tel un mantra comme les pseudo-patriotes qui écument nos médias mais qu’il vivait avec ses tripes, ne peut que parler, au-delà des générations et même des siècles (espérons-le tout au moins), à celles et ceux pour qui honorer et servir son pays ne fait ni sourire, ni paniquer… Sa proximité avec Péguy est, de ce point de vue, tout à fait évidente.

Comme lui, il s’était engagé dans la Grande guerre, celle de 1914. Lui y survécut mais en garda un profond souvenir, un souvenir d’honneur et de douleur. Il a vu périr de très jeunes hommes (Bernanos avait déjà 26 ans). Il ne théorisait pas son engagement au service de son pays et de l’idée qu’il s’en faisait, il le vivait.

Qu’il s’agisse de ses romans, de ses essais ou des volumes de son Journal, Bernanos aborde toujours une question essentielle, celle du Mal, mais aussi très souvent la corruption des consciences, la trahison spirituelle, morale ou bien encore politique (dans ses essais et son Journal tout au moins). Sa proximité intellectuelle avec Léon Bloy (1846-1917), autre romancier et pamphlétaire intransigeant, est également manifeste. 

Léon Bloy se jugeant lui-même écrivait ceci : « Pamphlétaire ! Sans doute que je le suis, pamphlétaire, parce que je suis forcé de l’être – vivant, comme je peux, dans un monde ignoblement futile et contingent, avec une famine enragée de réalités absolues. Tout homme qui écrit pour ne rien dire est, à mes yeux, un prostitué, un misérable, et c’est à cause de cela que je suis un pamphlétaire. [...] mais si je suis pamphlétaire, moi, je le suis par indignation et par amour ; et mes écrits, je les pousse, dans mon désespoir morne, sur mon Idéal saccagé ! ».  (3)

Amour et indignation, deux marques, deux « déterminants » de l’oeuvre bernanosienne. L’amour de son pays et de sa religion (catholique romaine et … contestataire serait-on tenté d’ajouter) irrigue ses écrits et en particulier son Journal et ses essais.

Dans sa préface à La liberté pour quoi faire ?, recueil de conférences (4), Pierre Gilles écrit très justement à propos de Bernanos« C’est [...] un homme qui regarde les événements de l’histoire à la lumière de la conception chrétienne de l’homme. » (5)

Cimetière d'Auberville

Église et cimetière d’Auberville (Calvados)
Photographie : Emmanuel Fournigault 

Bernanos écrit lui-même : « L’amour de la patrie comme l’amour de Dieu est fondé sur le don volontaire de soi» (6) Mais on ne peut comprendre cette formule et quelques autres que si on intègre bien et totalement ce qu’on pourrait appeler, un peu maladroitement, les paradigmes du programme bernanosien ou bien encore les croyances et les principes intangibles qui sont les siens. La chrétienté, l’esprit, la patrie, l’attachement à la liberté, mais à la vraie liberté qui requiert le courage et rejette les compromissions, une forme de fidélité à ce que l’on est, une sainte horreur de la puissance des institutions (à commencer par l’État) lorsque celles-ci, sous couvert de protection, asservissent et avilissent, une méfiance à l’égard de la technique et de l’organisation économique dans ce qu’elles peuvent avoir de plus inhumain sont autant d’idées défendues de diverses façons dans l’oeuvre de Bernanos et plus particulièrement dans son Journal.

Parlant de la patrie (thème commun, parmi d’autres, avec Péguy), Bernanos écrit ainsi : « Une patrie, c’est-à-dire bien autre chose que cette organisation économique et politique qui tend à se confondre de plus en plus avec l’État moderne, ou du moins ce que nous appelons ainsi, l’État moderne mi-usurier, mi-policier, dont l’oeil est à toutes les serrures et la main dans toutes les poches. Une patrie, c’est-à-dire un être moral qui a des droits et des devoirs, qui peut tout demander, mais qui ne saurait prétendre tout exiger au nom de la même loi qui régit les animaux, sacrifie l’abeille à la ruche, l’individu à l’espèce. » (7) 

Mais une patrie a besoin de patriotes, doués de vertus, à commencer par l’attachement à la liberté et à une certaine forme d’ordre chrétien qui ne s’accommodent pas aisément avec la démocratie, dans ce qu’elle a de plus lâche et de plus infantilisant, et avec le matérialisme, dans ce qu’il a de plus contraire à l’esprit, à ce qui doit conduire l’homme à se hausser au-dessus de lui-même.

Nul doute que les « petits démocrates endiablés » (Henry James) qui ont gagné la partie, à ce jour tout au moins, ne comprendront jamais Bernanos qu’ils ignorent sans doute ou qu’ils pensent être d’un autre temps, d’un autre âge, celui où « les hommes avaient de la race » pour reprendre une expression désormais délictuelle qu’utilisait tant Péguy qu’Albert Camus… (lire ou relire Le premier homme). 

Bernanos croyait profondément à l’idée de peuple mais voyait déjà à son époque sa disparition, son affadissement, son « remplacement » par la masse sous l’effet conjugué de la démocratie et du poids croissant de l’État dont le pouvoir ne cesse de s’accroître avec le développement de la technique : « Voilà que l’État moderne se trouve mis en possession par la technique du plus formidable instrument de puissance qu’aucun tyran ait jamais osé rêver depuis le commencement des âges. » (8) 

Je ne sais s’il était lecteur de Tocqueville et de son grand oeuvre sur la démocratie (De la démocratie en Amérique) dans lequel le philosophe libéral décrit avec une prescience impressionnante ce que deviennent les hommes lorsque la démocratie se développe et s’étend. Quoiqu’il en soit, Bernanos a vu ce que Tocqueville pressentait : l’émergence de la multitude, la multiplication des individus qui, attachés avant tout à l’idée d’égalité et remettant leur vie dans les mains de l’État régulateur (qui dispose à la fois du droit, de la technique et de l’administration), tournent sur eux-mêmes, n’ont progressivement aucune conscience de leur patrie, s’adonnent à leurs plaisirs individuels et confient le bien public à des tiers (l’État, ses fonctionnaires et les élus de ce qu’ils croient être une République…). Bernanos parle ainsi de « la guerre de l’État contre la Société des hommes, de l’État anonyme et irresponsable contre l’homme responsable et libre» (9) 

Dans son Encyclique aux Français, Bernanos écrit aussi :« [...] pour condamner en temps utile cette Société moderne prétendue libérale, mais où la liberté n’était déjà que le masque de la soumission la plus abjecte à l’économique, préfiguration aveuglante de la servitude totalitaire, ce n’est pas la charité qui fit défaut à l’Église, mais la force. Hélas, certains chrétiens n’étaient plus en état de le comprendre.» (10)

Bernanos a compris très vite que l’accommodement du christianisme avec la modernité démocratique, sa démission devant l’extension infinie des pouvoirs concurrents, ceux de l’État, ceux de l’économie, sonnaient le glas du monde dans lequel il avait grandi, dont il était l’héritier conséquent et intraitable. Sans être politiste, il voyait parfaitement (au-delà même des deux grandes tragédies de l’histoire, les deux Guerres mondiales) que le régime politique démocratique combiné à l’affaissement de la chrétienté métamorphosait l’homme, le rendait autre, le disposait aussi à épouser les folies idéologiques les plus infâmes.

Partant, il voyait l’homme de son temps renoncer à sa liberté et à son esprit de rébellion, deux vertus majeures dans la conception bernanosienne. « Pour le libéral comme pour le marxiste, il n’est qu’un ennemi : l’homme chrétien, c’est-à-dire l’homme qui se croit libre et supérieur aux choses – qu’un obstacle au progrès : la société faite pour une telle espèce d’homme. » (11) Il voyait parfaitement ce qui pouvait advenir et ce qui est advenu de l’homme, de son esprit et de sa « race » donc… dans un État démocratique où règne l’apparence du droit, de l’égalité et où l’organisation économique et technique finit par supplanter les solidarités humaines les plus anciennes. 

S’interrogeant en 1947 sur la Fin de la civilisation humaine ?, Bernanos écrit ceci : « L’État contre la Société, la Technique moderne contre la Vie, c’est là, en effet, le drame universel, et il est absolument ridicule de prétendre l’ignorer. Imbéciles! Vous avez voulu une société sans hiérarchie ni privilèges, toute tradition n’étant à vos yeux qu’une contrainte absurde, un obstacle au Progrès, un préjugé. L’idée ne vous est pas venue que la Tradition était peut-être une défense contre les emprises du Pouvoir. »

Et peu après : « L’homme social aura disparu comme espèce organisée, la masse humaine, brassée depuis trop longtemps par la Machinerie égalitaire, présentera le degré d’homogénéité indispensable, la personne y aura fait place à la fonction. [...] Une société ne vaut pas d’abord par sa législation, elle vaut par ses hommes, et ce sont les traditions de la Société qui forment peu à peu l’homme social, espèce aussi différente que possible de l’homme-de-masse, simple produit de décomposition. Il ne s’agit plus d’espérer résorber ce cancer, il s’agit de l’opérer coûte que coûte .» (12) 

Conception plus qu’éloignée du monde et de la société dans lesquels nous tentons de vivre. Conception sans doute très étrangère à l’immense majorité de nos contemporains, ivres de ce qu’ils croient être le nec plus ultra pour le bien de l’homme : la démocratie généralisée (y compris dans les familles) régulée par le droit, sous la vigilance (en fait, la férule…) des Droits de l’Homme (des Droits humains doit-on dire désormais…) gardés par des juges parfois apatrides qui donnent le la, régentent les moeurs, dictent aux États, sans souveraineté véritable, et donc aux citoyens, ce qu’il faut penser ; ignorant justement les traditions et le lent travail du temps. 

Le texte proposé ci-dessous, extrait d’un des volumes du Journal de Bernanos, est une méditation sans illusions sur la métamorphose des hommes, en l’occurrence sur le soldat, le militaire chrétien.

DSC05826

Les vagues de Villers-sur-Mer (Calvados)
Photographie : Emmanuel Fournigault 

EXTRAITS 

******

Déclin de la chrétienté militaire

« Chaque société a ses types sociaux, et le type social du soldat était l’un des plus solides de la nôtre. On n’en a pas moins le droit de se demander si l’homme de guerre survivra longtemps encore à la dégradation et à l’avilissement des formes actuelles de la guerre, si même dans notre chrétienté moderne, démocratisée elle aussi, c’est-à-dire décomposée, les derniers représentants de l’ancienne chrétienté militaire ne font déjà pas figure de revenants…

À quoi bon essayer de se consoler en se disant qu’après tout, moins il y aura de soldats, moins il y aura de guerre ? L’expérience nous a trop souvent démontré que les gens se tuent très bien entre eux sans uniforme, et surtout sans code de l’honneur. On ne viendra pas plus à bout de la guerre en supprimant les soldats que de la superstition en supprimant les prêtres.

Pour un prêtre de moins, cent pythonisses. Pour un soldat de moins, cent robots de police, cent tueurs à mitraillette, dont l’unique loi est cette obéissance aveugle par quoi la conscience individuelle, déjà réduite à l’extrême, se laisse finalement absorber par la hideuse conscience collective du Parti. Je voudrais dire une fois de plus, aujourd’hui, en souvenir de mes anciens compagnons de la Marne et de la Somme, en hommage à tout ce qui reste encore de soldats, qu’une telle obéissance, absolument étrangère à n’importe quelle véritable tradition militaire, n’a pas plus de valeur à nos yeux que l’instinct de défense des termites ou des fourmis. L’espèce d’hommes dont je viens de parler portait jadis le nom d’hommes de main – non moins irresponsables en effet qu’une main du coup qu’elle porte, qu’un pied du chemin qu’il suit. Libre aux partis de glorifier ces mains et ces pieds, qu’importe !

Nous disons, nous, que même sous le signe du sacrifice le plus héroïque, la vie et la mort de tels hommes restent en marge de l’honneur. » (13).

******

Dans cet extrait, bref mais profond, il y a, comme en résumé, la haute idée que Bernanos se faisait de la place des hommes, et en l’occurrence des militaires, dans la société. Dans le monde de Bernanos, chacun avait sa place. La liberté de Bernanos – ici la liberté de s’engager et de défendre sa partie (rappelons qu’il était contre la conscription) – est d’essence aristocratique ; elle est adossée à des moeurs, une vertu, pour paraphraser Montesquieu. Bernanos ne pense pas la liberté en termes de droits et encore moins en termes de droits-créances, il la pense en termes d’honneur, comme dépassement de soi.

Il voyait, et l’extrait proposé nous paraît le souligner, l’évolution inquiétante des « vertus » des hommes dans les temps démocratiques, l’abaissement des moeurs (« l’avilissement »), le mirage des causes nouvelles (le Parti et donc l’idéologie) qui font de l’homme un « autre homme », dont les liens avec sa patrie charnelle s’étiolent.

Le modèle-type de l’homo democraticus n’est guère compatible avec la haute idée que Bernanos se faisait de l’homme ; non dans une perspective humaniste dévoyée (celle-la même qui l’a emporté à ce jour) mais qui, à l’instar de Péguy, inscrit l’homme dans une histoire qui le dépasse, certes, mais dont il est aussi acteur en servant son Pays, en vénérant ses Pères et en respectant scrupuleusement leur legs, à commencer par le christianisme. Il voyait poindre « la masse », en lieu et place du peuple, la « masse » indissociable de l’individualisme, lui-même adossé à l’État moderne (disposant de la technique et de l’administration). 

Lorsqu’il rapproche (cf. supra) le libéralisme et le marxisme, Bernanos fait preuve d’une lucidité et d’une clairvoyance remarquables. Les deux « idéologies » de l’époque, le libéralisme (en fait, plus exactement, le capitalisme mâtiné d’intervention publique) et le marxisme, sont pour Bernanos les deux faces, artificiellement opposées, d’une même pièce, l’accomplissement, sous couvert de mots et d’objectifs apparemment différents, d’une même « promesse » : celle de la « libération » de l’homme, de son « émancipation » et donc de son déracinement.

Les deux idéologies produisent, en fait, la même illusion mortifère, en abaissant l’homme au rang d’acteur économique, en en faisant un pur sujet détenteur de droits. Débarrassé des « vieilles lunes » (la tradition, l’acceptation de la permanence, un ordre supérieur à l’ordre des choses créées et administrées par l’homme,…), l’homme moderne se pense libre quand il est en fait dépendant du Pouvoir, de la technique (des robots aurait dit Bernanos), de l’idéologie du droit, comme seule source de régulation sociale. 

Dans son éloge et sa défense des traditions, non pour elles-mêmes, mais en tant qu’elles préservent à la fois la dignité et la liberté des hommes (face aux « entreprises du Pouvoir », aux idéologies, à l’extension infinie de la technique), il y a le lointain écho du grand Edmund Burke (1729-1797) (auteur des célèbres et splendides Réflexions sur la révolution de France) (14), dont je ne sais pas non plus si Bernanos l’avait lu. Mais peu importe ! Bernanos s’inscrit d’une certaine manière dans cette lignée, celle pour qui le legs des ancêtres est un joyau aussi précieux que fragile et qui croit plus en la dignité de l’homme enraciné qu’en son émancipation illusoire par le droit et les outils modernes de l’organisation sociale.

Que penserait Bernanos de l’état de notre société (occidentale), de nos institutions, du sort des hommes connectés, de la masse des âmes mortes ?  On ne sait mais on peut sans doute considérer qu’il avait en fait pressenti et décrit ce qui est advenu, tant dans son oeuvre romanesque que dans ses pamphlets et les nombreux volumes de son Journal dont nous avons cité quelques extraits. Mais plutôt que de s’interroger plus avant, méditons cette autre citation de l’auteur, extraite des Enfants humiliés  :

« Nous vous avons vus fiers d’une philosophie : celle qui n’accorde à l’homme, à ce bipède, qu’un mobile, l’intérêt, qu’un Dieu, le bonheur, et qu’une mystique, celle de l’instinct. L’expérience va nous dire ce qu’elle vaut. » (15)

Désormais, nous le savons…

Emmanuel Fournigault
Le 8 mai 2017 

Bagnoles 2La campagne de Bagnoles-de-l’Orne
Photographie : Emmanuel Fournigault 

________________________________________________________________________

(1) Les enfants humiliés, Journal 1939-1940, Gallimard, collection Folio (1949, 2015 pour l’édition référencée), p. 67
(2) Je renvoie à nouveau au site de Juan Asensio et aux nombreuses et passionnantes notes sur Bernanos qu’il a publiées (qu’il les ait rédigées ou pas) à lire ici.
(3) Belluaires et Porchers, cité in Préface aux Histoires désobligeantes, Mercure de France, 2017 pour l’édition référencée, p. 7.
(4) Gallimard, collection Folio/essais, 2017 pour l’édition référencée.
(5) Op. cité, p. 20.
(6) La liberté pour quoi faire ? op. cité, p. 49.
(7) La liberté…, op. cité, p. 48.
(8) La liberté…, op. cité, p. 18.
(9) Français, si vous saviez…,  Journal 1945-1948, Gallimard collection Folio (1961, 2017 pour l’édition référencée), préface, p. IX.
(10) Français,…, op.cité, p. 332.
(11) Français,…, op. cité, p. 224.
(12) Français,…, op. cité, pp. 228-9.
(13) Français, …,  op. cité, pp. 258-9.
(14) Hachette, collection Pluriel (1989), avec une lumineuse préface de Philippe Raynaud.
(15) Op. cité, p. 214.

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