MAURICE BARRÈS : LE DIALOGUE DE LA CHAPELLE ET DE LA PRAIRIE

Posté le 31 octobre 2016 par apreslhistoire dans Morceaux choisis

« Le miracle sacré du dépaysement est désormais
dans nos lectures un événement mémorable, comme une éclipse
ou le passage d’une comète [...] »
Cristina Campo (1)

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Préambule : le don des morts

Je reprends avec cette nouvelle note la rubrique initialement intitulée Inoubliables et que j’ai renommée Morceaux choisis, en souvenir des ouvrages qu’on donnait à lire aux enfants et aux adolescents de ma génération, celle née dans les années 1960, afin de leur faire découvrir les chefs-d’oeuvre de la littérature française et étrangère.

Qu’il s’agisse des Classiques Larousse, des Classiques pour tous de la librairie Hatier ou bien encore (et sans être exhaustif) de la célèbre collection des Lagarde et Michard, parfois moquée aujourd’hui, à tort nous semble-t-il, tous ces ouvrages ont marqué de nombreux lecteurs en apprentissage. Ils ont permis à nombre d’entre nous d’accéder au monde impressionnant et sensible de la littérature, des beaux textes, de la musicalité des mots. Ce monde de la nuance dont parle si magistralement Milan Kundera dans L’art du roman (2) qui, découvert un jour, généralement dans les classes de primaire, provoque chez l’enfant, dans l’esprit en formation, une émotion forte, un trouble peu conscient, impensé mais qui, rétrospectivement, s’analyse comme un basculement.

Lisons justement ce que Milan Kundera dit du roman dans ce bel essai qu’il consacre à son art : 

« L’esprit du roman est l’esprit de la complexité. Chaque roman dit au lecteur : « les choses sont plus compliquées que tu ne le penses ». C’est la vérité éternelle du roman mais qui se fait de moins en moins entendre dans le vacarme des réponses simples et rapides qui précèdent la question et l’excluent. Pour l’esprit de notre temps, c’est ou bien Anna ou bien Karénine qui a raison, et la vieille sagesse de Cervantes qui nous parle de la difficulté de savoir et de l’insaisissable paraît encombrante et inutile. » (3)

La lecture comme accès au tragique, à la finitude de la vie, la lecture comme épreuve de l’humilité, comme découverte du sentiment de la dette, de l’héritage, comme chance et responsabilité écrasante : celle de ne jamais oublier et de ne jamais trop s’éloigner de ces auteurs, de ces textes souvent intimidants auxquels il faut accéder, comme dans tout art, par l’expérience sensible avant de prétendre les disséquer et les analyser (ordre naturel et seul possible des choses qu’un certain type d’enseignement – qui nous fut fort heureusement épargné – a remis en cause avec les conséquences néfastes que l’on sait : théorisation de la littérature, approche purement analytique qui transforment la lecture et la compréhension des oeuvres en science exacte chargée d’un jargon aussi incompréhensible que grotesque qui a durablement déformé certains esprits et dégoûté, découragé les meilleures volontés).

Les pédagogues sans âme et sans conscience, comme les démagogues, font des enfants perdus et des adultes égarés.

NOTE 26 3 (2)La fontaine miraculeuse, Saint-Céneri-le-Gérei (Orne)
Photographie : Emmanuel Fournigault 

La littérature ou Le don des morts, pour reprendre le titre du très bel essai de Danièle Sallenave (4). Immense sentiment de bonheur d’accéder à un monde infini et conscience, dans le même temps, de demeurer bien en-deçà des esprits brillants dont on doit admettre qu’on ne sera jamais les égaux. Éprouvant exercice d’humilité, expérience sensible et éprouvante de la vanité (celle sur laquelle médite Qôhélét). Sentiment d’être dépositaire d’un legs, exécuteur de testaments qu’il ne faut pas trahir (pour paraphraser Milan Kundera).

Lisons ainsi ce que Danièle Sallenave écrit dans son essai : 

« Le livre est ce qui me fait communiquer avec les autres, avec les oeuvres, pensée et expression des vivants et des grands morts, avec les humanités, avec le monde. Le livre est l’autre nom du  procès d’humanisation de l’homme : il dit qu’on ne naît pas homme, qu’on le devient. Ce sont les livres qui font de ma vie la participation à cet élan mystérieux et confus qui nous associe tous sans interruption depuis qu’à « l’origine » avec le don des langues est né le goût de raconter. » (5)

Et plus loin : 

« Le but de la fréquentation des livres pourrait donc être « la vraie vie » – la vie accomplie, la vie pleine, le contraire de la vie mutilée. Car la vraie vie n’est pas la grande vie. La vraie vie, c’est la vie dans le vrai, le contraire de la vie fausse, de la vie mutilée, de la vie dépossédée, et elle se découvre dans la vie ordinaire, au sein le plus intime de la vie ordinaire, au coeur le plus secret de la vie ordinaire : au point que la vraie vie finirait par n’être peut-être que la vie ordinaire transmuée, et que ceux qui la vivraient ne se distingueraient pas de ceux qui mènent une vie ordinaire, comme un saint ne se distingue pas de ses semblables, comme la vie qu’il mène ne diffère de la leur que sur un plan invisible. » (6)

Le don des morts n’exclut évidemment pas qu’il y ait aussi de grands auteurs contemporains qui, par leur écriture, leurs oeuvres, soulignent qu’ils ont eux aussi une dette qu’ils honorent, dont l’une des raisons sans doute d’écrire est de l’honorer. Pour autant, ils nous semblent peu nombreux de nos jours. Pourquoi ? Que s’est-il passé pour que, malgré les milliers de pages publiées chaque année, on puisse avoir le sentiment d’un affadissement, d’une perte de la littérature ? S’interrogeant sur la situation du roman, Milan Kundera livre ce diagnostic triste et profond :

« [...] si le roman doit vraiment disparaître, ce n’est pas qu’il soit au bout de ses forces mais c’est qu’il se trouve dans un monde qui n’est pas le sien. (7)

Et plus loin :

« [...] le roman est, lui aussi, travaillé par les termites de la réduction qui ne réduisent pas seulement le sens du monde mais aussi le sens des oeuvres. Le roman (comme toute la culture) se trouve de plus en plus dans les mains des médias ; ceux-ci étant agents de l’unification de l’histoire planétaire, amplifient et canalisent le processus de réduction ; ils distribuent dans le monde entier les mêmes simplifications et clichés susceptibles d’être acceptés par le plus grand nombre, par tous, par l’humanité entière. Et il importe peu  que dans leurs différents organes les différents intérêts politiques se manifestent. Derrière cette différence de surface règne un esprit commun. [...] Cet esprit commun des mass média dissimulé derrière leur diversité politique, c’est l’esprit de notre temps. Cet esprit me semble contraire à l’esprit du roman. [...] [S'] il veut encore « progresser » en tant que roman, il ne peut le faire que contre le progrès du monde. » (8) 

 ******

On ne développera pas davantage ce constat, faute de compétences mais aussi parce que tout cela est finalement assez vain… Les tables de nos librairies (là où il en reste encore) sont envahies de cette littérature du temps d’après, du temps de l’ego, de la fausse parole et des prix frelatés (comme un comité célèbre vient encore d’en faire une démonstration aussi affligeante que risible…). 

Lisons plutôt ! Il s’agit, en l’occurrence, des dernières lignes de La Colline inspirée de Maurice Barrès (9) ; roman tardif de l’auteur (publié en 1913, dix ans avant sa disparition), de cet auteur oublié, « politiquement incorrect » et, peut-être, illisible (comme une grande partie désormais de la littérature) au sens où il prend le lecteur au sérieux, l’élève, le perturbe et s’inscrit dans une lignée, dans une mémoire, dans une trace, poursuivant ainsi un sillon, enrichissant le legs, augmentant le don, ce don des morts…

Chapelle de Saint-Barthélémy - Orne (2)La chapelle de Saint-Barthélémy (Orne)
Photographie : Emmanuel Fournigault 

EXTRAITS

******

« – Je suis, dit la prairie, l’esprit de la terre et des ancêtres les plus lointains, la liberté d’inspiration.

Et la chapelle répond :

- Je suis la règle, l’autorité, le lien ; je suis un corps de pensées fixes et la cité ordonnée des âmes.

 - J’agiterai ton âme, continue la prairie. Ceux qui viennent me respirer se mettent à poser des questions. Le laboureur monte ici de la plaine, le jour qu’il est de loisir et qu’il désire contempler. Un instinct me l’amène. Je suis un lieu primitif, une source éternelle.

Mais la chapelle nous dit :

- Visiteurs de la prairie, apportez-moi vos rêves pour que je les épure, vos élans pour que je les oriente. C’est moi que vous cherchez, que vous voulez à votre insu. Qu’éprouvez-vous ? Le désir, la nostalgie de mon abri. Je prolonge la prairie, même quand elle me nie. J’ai été construite, à force d’y avoir été rêvée. Qui que tu sois, il n’est en toi rien d’excellent qui t’empêche d’accepter mon secours. Je t’accorderai avec la vie. Ta liberté, dis-tu ? Mais comment ma direction pourrait-elle ne pas te satisfaire ?

Nous avons été préparés, toi et moi, par tes pères. Comme toi, je les incarne. Je suis la pierre qui dure, l’expérience des siècles, le dépôt du trésor de ta race. Maison de ton enfance et de tes parents, je suis conforme à tes tendances profondes, à celles-là même que tu ignores, et c’est ici que tu trouveras, pour chacune des circonstances de ta vie, le verbe mystérieux, élaboré pour toi quand tu n’étais pas.

Viens à moi si tu veux trouver la pierre de solidité, la dalle où asseoir tes jours et inscrire ton épitaphe. (10)

Éternel dialogue de ces deux puissances ! À laquelle obéir ? Et faut-il donc choisir entre elles ? Ah ! plutôt qu’elles puissent, ces deux forces antagonistes, s’éprouver éternellement, ne jamais se vaincre et s’amplifier par leur lutte même ! Elles ne sauraient se passer l’une de l’autre. Qu’est-ce qu’un enthousiasme qui demeure une fantaisie individuelle ? Qu’est qu’un ordre qu’aucun enthousiasme ne vient plus animer ? L’église est née de la prairie, et s’en nourrit perpétuellement, – pour nous en sauver. » (11)

******

Comme quelques autres livres (de nombreux autres, fort heureusement), il est difficile d’achever celui-ci, de le fermer, de revenir à la vie ordinaire. Comme quelques autres livres, il donne envie de le terminer ou d’en relire des passages agenouillé sur un prie-dieu pour remercier le Ciel de nous avoir un jour permis de lire ces lignes, de fréquenter un grand esprit, d’entrer en communion avec l’auteur, de recevoir ce don des morts.

Emmanuel Fournigault
 Le 31 octobre 2016

Barrès 1 (2)

Photographie : Emmanuel Fournigault 

______________________________________________________________________

(1) Préface à Le jésuite parfait de Furio Monicelli, Gallimard-L’Arpenteur (2000) p.7. Cette préface est également reproduite dans le recueil de l’auteur, La noix d’or, Gallimard-l’Arpenteur (2006), pp. 105-111.
(2) L’art du roman, Gallimard, coll. Folio (2004, pour l’édition référencée).
(3) Op. cité, p. 30.
(4) Gallimard (1991).
(5) Op. cité, p. 42.
(6) Op. cité, pp. 44-5.
(7) Op. cité, p. 28.
(8) Op. cité, pp. 30- 31.
(9) Éditions Paleo, La Collection de Sable (2012).
(10) C’est nous qui soulignons. 
(11) Op. cité, pp. 288-9.

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