LE PARADIS SELON CHARLES PÉGUY… ET AUTRES CONSIDÉRATIONS

Posté le 28 octobre 2015 par apreslhistoire dans Art et littérature, Eglises et religion

« Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre
Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux.
Mille ans de votre grâce ont fait de ces travaux
Un reposoir sans fin pour l’âme solitaire. » (1)

« Celui qui a fait sa prière peut lever l’ancre
Pour la traversée de la nuit. » (2)

(Charles Péguy)

Photographie : Emmanuel Fournigault

Photographie : Emmanuel Fournigault

 Jeu de lumières sur la plage, Villers-sur-Mer (Calvados)

Il y a des livres qu’on regrette de n’avoir pas lus plus tôt, des livres dont on craint le moment où il faudra les refermer et dont on ralentit la lecture à mesure que la dernière page se rapproche, des livres dont chaque page est une «fulgurance» et qu’on aimerait pouvoir apprendre par coeur, des livres dont on se dit enfin, non sans tristesse, qu’ils ne pourraient plus être écrits aujourd’hui et que, sans doute, ils sont tombés dans l’oubli. (3)

Le Mystère des Saints Innocents, écrit par Charles Péguy (1873-1914) pour la solennité des Rameaux et du temps pascal en 1912, deux années avant sa mort sur le front, et dont l’extrait ci-après est tiré, fait partie de ces livres marquants, troublants et parfois même envoûtants. Il est l’un des volumes d’un triptyque (qui devait, en fait, être un polyptyque) (4) avec Le Mystère de la charité de Jeanne d’Arc (1910) et Le Porche du mystère de la deuxième vertu (1911), tous parus dans les célèbres Cahiers de la quinzaine, la revue fondée par Péguy au tout début de l’année 1900. 

Conçu comme un dialogue entre deux femmes, Madame Gervaise (nonne lorraine) et Jeannette (réincarnation, somme toute discrète, de Jeanne d’Arc), il est aussi et surtout une façon aussi originale qu’élégante de parler de Dieu, du Fils et du mystère de la Trinité. Madame Gervaise fait ainsi tenir à Dieu, entre autres considérations, des réflexions sur son rapport aux hommes et au peuple français.

Monologue, plus que dialogue (sauf dans la dernière partie), il fait partie de l’oeuvre poétique en vers libres de cet immense auteur (vers libres qui laissent cependant une place à la prose). Comme le souligne justement Albert Chabanon : «Le vers libre est le cadre rythmique où se déroulent les phénomènes immédiats de la conscience, les mouvements intimes de l’âme, où s’insinuent les méditations spontanées et les réflexions naïves. L’alexandrin [qui est la forme, avec les quatrains, des autres célèbres poèmes de Péguy dont les Tapisseries, celle de sainte Geneviève et de Jeanne d’Arc et, bien sûr, celle de Notre-Dame de Chartres, un de mes poèmes préférés de Péguy] est le cadre rythmique qui informe la prière et qui modèle le carmen [poème lyrique]. Le premier décrit et exprime ; le second chante et célèbre.» (5)

Ce beau texte illustre, avec ce style si particulier de ce grand écrivain, les thèmes majeurs de l’oeuvre de Péguy : l’amour de son pays, sa vision de ce qu’est un peuple, le lien charnel entre la France et le catholicisme. Mais aussi le nécessaire respect dû aux morts, en tant qu’ils sont nos «créanciers» et à «notre merci.»

Photographie : Emmanuel Fournigault

Photographie : Emmanuel Fournigault

Nef et choeur, église de Rouvrou (Orne)

Le langage et les idées de Péguy paraîtront lointains et même datés à certains lecteurs distraits et surtout égarés dans la post-modernité, dans cette époque non seulement éloignée des Dieux (contrairement à ce que pourraient laisser penser certains évènements d’actualité…) mais aussi éloignée de notions, pourtant essentielles à la cohésion d’une société : le peuple et la nation… Ce «mécontemporain» (Alain Finkielkraut) (6) qu’est Péguy est justement indispensable parce qu’il interroge les notions communément admises, parce qu’il ne peut se résoudre à voir dans l’Histoire-se-faisant un pur processus indépendant des histoires nationales, des fondements culturels et donc religieux.

On sait – mais il n’est peut-être pas inutile de le rappeler – que Péguy, loin d’être le «réactionnaire» (ce qui n’est pas une insulte de mon point de vue…) que ses adversaires de l’époque et certains de ses (rares) lecteurs d’aujourd’hui stigmatisent, est un penseur conséquent de la modernité. Même s’il est assez souvent qualifié d’anti-moderne par ceux qui l’aiment et le lisent vraiment, il me semble plutôt un moderne exigeant et inquiet. Il n’appelle pas au retour de l’ordre ancien, il ne défend pas la restauration des temps passés. Il pressent en revanche les dangers du basculement dans ce «monde de malins» (pour reprendre son expression), dans ce monde qui rompt les amarres avec le temps d’avant et, pire encore, avec les morts… Il a – dans une grade partie de son oeuvre – (au moins celle que j’ai lue à ce jour…) bataillé très tôt, férocement (au risque assumé de la fâcherie avec ses amis) contre la métaphysique du progrès (7). Il avait vu très tôt, dans l’indifférence et parfois la moquerie (nombre de critiques de l’époque le qualifiaient d’illuminé…), le monde qui est advenu, notre monde, celui du rejet des ancêtres dont on peut penser qu’il est la suite directe du rejet de Dieu, au sens où ces rejets successifs nous ont fait oublier que nous étions les obligés de ceux qui nous précèdent comme on peut être les obligés de Dieu. Il avait bien compris le risque de la technique et de la manipulation des choses et du donné. A sa façon (mais, évidemment, c’est un sentiment de lecteur amateur et non une affirmation philosophique argumentée), il a, sur ce point, annoncé Heidegger et sa célèbre conférence sur La question de la technique (8).

Comme l’écrit fort justement Alexandre de Vitry : «[Pour Péguy] comprendre le monde présent, ce devint comprendre ce qu’il cherchait à détruire et qu’il fallait chérir, non pour se complaire dans les voluptés de la nostalgie, mais pour permettre, à l’échelle de chacun, un «resurgissement», un «ressourcement», au présent, de tout ce que le monde moderne menaçait d’annihiler tout en le parasitant.» (9)

Photographie : Emmanuel Fournigault

               Photographie : Emmanuel Fournigault

Père et Fils, église de Saint-Pierre-sur-Dives (Calvados)

Mais c’est peut-être son double attachement à la République et aux racines chrétiennes de son pays (selon une évolution et une trajectoire personnelles qui n’ont pas toujours été comprises) qui l’a rendu «inclassable», irréductible aux catégories politiques et intellectuelles dominantes. C’est aussi pourquoi ses détracteurs – passés ou présents – sont en peine de le rejeter intégralement, sauf à faire preuve d’une flagrante mauvaise foi…

Le dreyfusard (qui voyait dans la défense du capitaine injustement mis en cause, non la seule défense d’un officier juif, mais une fidélité intraitable à sa patrie et à l’idée d’humanité) a déçu ses amis socialistes, surtout lorsqu’il a développé son approche mystique de la politique et revendiqué l’identité chrétienne de la République. S’il a été récupéré – grossièrement – par une partie de la droite contre-révolutionnaire et antisémite, notamment dans les années 1930-1940 (alors qu’il n’était plus là pour se défendre), ce qui a conduit une grande partie de l’intelligentsia à le tenir longtemps pour infréquentable, cela n’a en rien altéré la profondeur et l’acuité de sa pensée. Sur cette récupération, Georges Bernanos, comme le rappelle fort justement Alain Finkielkraut, a parlé d’«[annexion du plus héroïque de tous les Français depuis Corneille au parti de la Déroute, à l’abjecte mystique de l’expiation par le déshonneur.» (10) Il n’est évidemment pas surprenant que Bernanos ait défendu Péguy et, au-delà, qu’il l’ait lu et apprécié. Sa méfiance (qui n’était pas non plus rejet absolu, me semble-t-il) à l’égard du monde tel qu’il ne va pas ne pouvait que rejoindre celle de Péguy

Le double attachement de l’auteur de La Joie au catholicisme (plus exactement, à une version exigeante du catholicisme qui n’excluait pas la critique des institutions religieuses) et à son «peuple historique» (dont il avait bien vu qu’il s’éteignait de lui-même, non par l’arrivée de populations étrangères, mais avant tout par oubli de son être profond, de sa substance vitale et donc de son âme) ne pouvait que le rapprocher de Péguy dont il disait aussi : «C’est un homme qui, mort, reste à portée de la voix, et même plus près, à notre portée, à la portée de chacun de nous, qui répond chaque fois qu’on l’appelle.» (11)

La lecture et la méditation de ce «mécontemporain» qu’est Péguy me paraissent indispensables aux très contemporains que nous sommes. A l’heure où certains s’interrogent doctement sur ce que doit être le débat intellectuel et politique, où des formules, sorties de leur contexte, sont jetées en pâture aux «mutins de Panurge» (Philippe Muray) toujours à l’affût : les uns pour crier à l’atteinte «aux-valeurs-fondamentales-de-notre-civilisation» – souvent invoquées, rarement définies-, les autres pour s’insurger contre une forme de «nouvelle censure» (alors que règne la transparence totale et que la quasi-totalité des tabous ont été «crucifiés»), il me semble plus que nécessaire de s’éloigner de ce spectacle (qui va envahir davantage encore les écrans, les ondes et les pages des journaux à mesure que les prochaines «échéances électorales» vont s’approcher et alors même que les alternatives proposées sont largement factices, de plus en plus factices…). Ce paragraphe d’humeur me renvoie d’ailleurs à un passage superbe du Mystère dans lequel Péguy parle de la nuit et du «désistement de l’homme» (formule sublime à une époque où l’homme ne fait qu’insister, insister toujours davantage…) :

 

« [...] O nuit, dit Dieu, ma fille au grand manteau, ma fille au manteau d’argent.
Par toi j’obtiens quelquefois le désistement de l’homme.
Et le déraidissement de l’homme.
Et qu’il se taise, surtout qu’il se taise, il n’en finit pas de parler. Pour ce que ça vaut ce qu’il dit.
Et qu’il cesse de penser. Pour ce que ça vaut. [...]
» (12)

 

Photographie : Emmanuel Fournigault

Photographie : Emmanuel Fournigault

Le paradis sur terre, Saint-Céneri-le-Gérei (Orne)

Seul le détour sérieux par certains auteurs dont Péguy mais aussi Simone Weil, Marc Bloch, et, plus près de nous, Pierre Manent (13), pour ne citer que ces quelques noms régulièrement évoqués sur ce site, peut nous prémunir contre les débats creux, contre la fiction du débat. Car pour paraphraser justement Pierre Manent, «il ne suffit pas de pouvoir dire ce que l’on voit, il faut aussi pouvoir voir ce que l’on voit.» Et pour pouvoir voir ce que l’on voit, il faut fuir le simulacre du débat, l’outrance des formules destinées à alimenter le temps d’une prestation les funestes «réseaux sociaux» (les mal nommés…) et méditer avec plus grands que nous… Avec celles et ceux qui ne se sont pas enfuis, qui n’ont pas abandonné ce monde mais ont tenté de le comprendre et d’alerter leurs contemporains en espérant, sans doute, qu’ils seraient aussi lus et compris par leurs «descendants»…

Mais après cette parenthèse, revenons justement à l’essentiel, c’est-à-dire à la lecture de l’extrait qui, je l’espère, incitera certains à lire cet ouvrage.

C’est un passage sensible et émouvant, l’ultime considération de Dieu à la dernière page de ce livre, de cet hommage à Dieu, à son Fils, au Mystère, à la France, cette patrie charnelle si chère à Péguy. Le lisant, une image insoutenable m’est revenue à l’esprit : celle du petit corps sans vie de l’enfant syrien échoué sur une plage, fuyant avec sa famille l’horreur de son pays, le noir destin d’asservissement qu’on lui promettait. Il m’est apparu doux et presque réconfortant d’imaginer que ce petit garçon à la vie terrestre abrégée allait néanmoins pouvoir s’amuser, comme tous les enfants, au Paradis décrit par Péguy.

Mais, comme tout à chacun a pu le constater, l’image de ce petit garçon a été chassée par d’autres images, par d’autres controverses (souvent factices elles aussi) et destinées à masquer le vide sidéral dans lequel l’espace médiatique et ses acteurs (journalistes, personnalités politiques ou intellectuelles…) se complaisent et nous avec… Et bien sûr, nul n’a pensé à citer Charles Péguy…  Alors lisons-le !

 

EXTRAITS 

******

«Vous, première victime du Christ,
Troupeau tendre des immolés,

Au pied de l’autel même, simples. [...]
Vous jouez avec la palme et les couronnes.
Avec votre palme et vos couronnes.

Tel est mon paradis, dit Dieu.
Mon paradis est 
tout ce qu’il y a de plus simple.
Rien n’est aussi dépouillé que mon paradis.
Aram sub ipsam au pied de l’autel même.
Ces simples enfants jouent avec leur palme
et avec leurs couronnes de martyrs.
Voilà ce qui se passe dans mon paradis.
A quoi 
peut-on bien jouer
Avec une palme et des couronnes de martyr.
Je pense qu’ils jouent au cerceau, dit Dieu,
et 
peut-être aux grâces
(du moins je le pense, car ne croyez point
qu’on me demande jamais la permission)

Et la palme toujours verte leur sert apparemment 
de bâtonnet.» (14)

******

Photographie : Emmanuel Fournigault

                  Photographie : Emmanuel Fournigault

La tombe de l’ange, cimetière de Tourville-en-Auge (Calvados)

Emmanuel Fournigault

______________________________________________________________________________

(1) La tapisserie de Notre-Dame, présentation de la Beauce à Notre-Dame de Chartres.

(2) Le Mystère des Saints Innocents, Gallimard (1929), p. 56. 

(3) Sauf erreur possible de ma part, ce livre – s’il est repris dans les oeuvres complètes de Péguy dans la Bibliothèque de la Pléiade – n’est plus disponible en volume seul, sauf d’occasion. Ne peut-on suggérer à un éditeur de republier les trois Mystères en un volume avec une présentation qui guiderait le lecteur et replacerait ces textes dans l’oeuvre variée et parfois déroutante de l’auteur ? Au moment où les tables de nos librairies sont envahies de productions de plus ou moins grand intérêt, n’y aurait-il plus de place, une petite place, pour la Littérature ? Je remercie donc à nouveau la bouquiniste de ma parentèle qui me l’a procuré et dont je donne en lien le site Internet : Les Bouquins de la Sirène

(4) Voir Le Mystère du porche de la deuxième vertu, Gallimard-Poésie (1986, pour l’édition référencée) et plus précisément la notice, pp. 166-167.

(5) Les critiques de notre temps et Péguy, éditions Garnier Frères (1973), p. 133. Pour être plus exact, le Mystère contient aussi quelques alexandrins superbes dont je ne résiste pas à l’envie de citer ceux qui suivent :

« Et tant de navrements et de meurtres complices.
Sur tant d’hébétements et de vicissitudes.
Sur tant d’inquiétude et sur tant d’habitude.
Sur tant de solitude et de décrépitude.
Sur tant de lassitude et de sollicitude.
Sur tant d’ingratitude et d’inexactitude.
Sur tant d’incertitude et tant de solitude.
Et tant de servitude et de désuétude.
Et tant de platitude et sur tant d’amertume. [...] »
Op. cité, p. 107.

(6) Alain Finkielkraut, Le mécontemporain, Gallimard (1991). Essai sur Charles Péguy. 

(7) Sur ce point, voir notamment la préface d’Antoine Compagnon aux oeuvres de Péguy publiées chez Robert Laffont, collection Bouquins (2015). Cette nouvelle publication, justement sous-titrée Mystique et Politique, ne contient pas les oeuvres poétiques ou dramatiques de l’auteur mais un certain nombre d’autres textes essentiels où la pensée de Péguy apparaît avec toute sa puissance : Notre patrie, Notre jeunesse, L’Argent et L’Argent suite, etc.  

(8) Martin Heidegger, Essais et conférences, Gallimard, collection Tel, (1980), pp. 9 à 48. Sur la question «moderne/anti-moderne», on peut se reporter à Alain Finkielkraut, Nous autres, modernes, Gallimard, Folio-essais (2008), pp. 69-79. 

(9) Voir la seconde préface aux oeuvres, op. cité, p. 28.

(10) Le mécontemporain, op. cité, p. 118. Sur cette période troublée des années 1930 jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale (et même un peu après), les «gens honnêtes» savent que les choses sont complexes, les lignes courbes, certaines classifications a posteriori sujettes à caution. Ainsi, une partie de l’extrême droite française ou de la droite conservatrice ne s’est pas ralliée à la Révolution nationale et on a compté parmi les premiers résistants ayant rejoint le Général de Gaulle des «maurrassiens» notoires dont le «philosémitisme» n’était pas vraiment la caractéristique première… Mais ces quelques considérations nécessiteraient des développements qui dépassent à l’évidence le cadre de cette note et même de ce site. 

(11) Je n’ai malheureusement pas retrouvé dans mes notes de lecture le titre du livre dont est extraite cette citation mais je pense qu’il s’agit d’un de ses Essais et écrits de combat publiés en deux tomes chez Gallimard et qu’on retrouve dans l’édition de La Pléiade. 

(12) Op. cité, p. 106.

(13) A qui veut s’intéresser sérieusement aux problèmes politiques, tant dans leur dimension historique que sous l’angle de l’actualité immédiate, je conseille, parmi ses nombreux livres, la lecture de son dernier essai (à la date où cette note est écrite), Situation de la France, Desclée de Brouwer (2015). Dans ce livre limpide et nuancé (Pierre Manent est un philosophe exigeant mais son écriture, comme son expression orale, est claire, il n’aime guère les formules lapidaires) revisite, entre autres considérations, la question de la laïcité française et aborde d’une façon à la fois respectueuse et ferme la question de l’islam dans notre société. Une fois encore, alors que les professionnels de l’opinion s’agitent, s’invectivent, blessent ou préfèrent nier la réalité sur un sujet sensible mais majeur, cette méditation, parfois surprenante et contestable, éclaire intelligemment le débat, le vrai débat… Malheureusement, si Pierre Manent intervient dans les médias – il a ainsi récemment débattu sur France Culture dans l’émission Répliques suite à la parution de ce livre et a fait l’objet d’un entretien avec une autre philosophe (Émilie Tardivel) dans la Croix du 16 octobre 2015 – son tempérament discret et son sens élevé de la nuance (nuance qui n’exclut évidemment pas des convictions fortes) ne le promeuvent pas auprès d’un plus large public…

On peut trouver également une présentation de cet essai dans les deux articles que je mets lien ci-après : l’un publié par Le Figarovox du 2 octobre 2015, à lire ici et l’autre par L’Homme nouveau du 21 octobre 2015, à lire ici. Cette réflexion est d’ailleurs étroitement liée à celle que le philosophe mène depuis plusieurs années sur l’idée de nation. Idée malmenée (par les «européistes» béats et les fédéralistes utopiques qui la jugent dépassée) et mal défendue (par ceux qui la réduisent à sa version dénaturée, le nationalisme strictement identitaire et défensif) alors qu’elle me paraît demeurer, sous certaines conditions, le seul cadre pertinent de la vie commune d’une population sur un même territoire, au-delà de ses différences, et pour peu qu’on y préserve et entretienne un contenu culturel fort et exigeant… Sur ce point, voir son livre La Raison des Nations, Gallimard, collection L’Esprit de la cité, (2006). Là encore, le cadre de cette note ne permet pas de développer plus avant cette question qui m’est chère – pour qui tente de s’intéresser réellement aux vrais sujets politiques – car elle renvoie aux questions si mal posées et pourtant centrales de l’identité et de l’unité d’un pays et donc de celles et ceux qui l’habitent… 

(14) Op. cité, p. 226.

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