PENSER DIEU ET PENSER LE MAL APRES AUSCHWITZ

Posté le 30 janvier 2015 par apreslhistoire dans Art et littérature, Eglises et religion

« Je me souviens de mes amis

Demandant au seuil de la mort :

Si vous revenez, c’est promis,

Parlez de nous, parlez encore. »

(Violette Maurice, extrait de « Mémoire »)

Auschwitz sous la neige

Auschwitz sous la neige

Le 27 janvier 1945, le camp d’Auschwitz-Birkenau (Pologne) était libéré par les forces soviétiques. On estime à 1,3 million le nombre de personnes qui y ont été déportées depuis sa création en 1940 et jusqu’aux semaines qui précédèrent sa libération. Près de 1 million de Juifs y ont péri. Par sa grandeur, c’est le symbole des camps de concentration créés par le IIIè Reich. C’est loin d’être le seul camp « industriel » de la déportation mais il fait figure « d’emblème », si l’on peut dire. L’immense majorité des détenus rescapés sont restés dans l’anonymat. Mais on connaît aussi le nom de quelques détenus devenus célèbres, Simone Veil, Elie Wiesel, Imre Kertesz, prix Nobel de littérature, pour ne citer qu’eux. Dora Bruder, jeune fille qui n’en réchappa pas, devint l’héroïne du roman éponyme de Patrick Modiano (1). Anne Franck y transita avant d’être internée à Bergen-Belsen où elle périt à 15 ans.

L’événement central, matriciel, du XXè siècle que fut la déportation en masse, programmée de façon industrielle, de plusieurs millions de personnes de tous âges, à commencer par les Juifs (les plus nombreux) a eu des effets multiples, variés et profonds. Au-delà de l’horreur humaine, sans précédent, le génocide de la Seconde guerre mondiale a conduit à la remise en cause ou à l’interrogation des catégories philosophiques, morales, ou bien encore juridiques (sans prétendre à l’exhaustivité) communément admises. C’est cet aspect-là que je souhaiterais modestement illustrer par quelques extraits de livres qui me semblent importants.

C’est parce que le nazisme peut être considéré comme un régime moderne, et non comme un retour en arrière, comme le développement jusqu’à ses plus extrêmes limites du pouvoir de l’homme sur l’homme (dont l’humanité devait être niée), du pouvoir de la technique sur l’humain et au service de la politique qu’il a heurté – au-delà du nombre de ses victimes et des drames imprescriptibles qu’il a engendrés - et fait voler en éclats des concepts établis et confortés par la philosophie moderne elle-même. Le séisme ne fut pas qu’humain, il faut aussi intellectuel. Il a ainsi conduit à faire disparaître une forme de pensée. C’est en ce sens que c’est un moment qui interroge et refond une forme de civilisation.

Photographie : Nous ne sommes pas les derniers - II

Photographie – Zoran Music - Nous ne sommes pas les derniers

EXTRAITS

Penser le mal : « Une voix vient de l’autre rive » (2)

« Dans le monde où Auschwitz n’avait pas eu lieu, il était encore possible à la sagesse humaine des nations d’être hégélienne et de proclamer : « A quelque chose malheur est bon. » Mais le malheur d’Auschwitz n’est bon à rien. Il s’est produit en vain. Rien ne le justifie. Nulle dialectique n’en relève l’horreur. Impossible de regarder avec l’œil du concept les salles de gazage, c’est-à-dire la dissolution finale des liens les plus élémentaires dans une mêlée innommable où les forts écrasaient les faibles et les parents écrasaient leurs enfants pour trouver un peu d’air au plafond.

Cet avilissement inédit de la mort a frappé d’obscénité l’idée que le mal n’existe pas pour lui-même, mais participe au travail universel du genre humain. Sur la croix de cette souffrance, la philosophie n’est plus en mesure de cueillir la rose de la Raison. Là, autrement dit, s’opère non la réconciliation, mais la scission du tragique et du logique. Divorce irréversible, césure définitive : dans le monde où Auschwitz a eu lieu, l’histoire ne peut plus apparaître comme l’épopée du sens, de la vérité en acte, l’accomplissement de l’esprit. L’intervention politique doit donc échapper à sa juridiction pour retomber sous celle de la morale. La dignité des événements historiques s’est perdue dans les camps de la mort. » (3)

Que faire de Dieu ? : « Le concept de Dieu après Auschwitz » (4)

« [A Auschwitz] ne trouvèrent place ni la fidélité ni l’infidélité, ni la foi ni l’incroyance, ni la faute ni son châtiment, ni l’épreuve, ni le témoignage, ni l’espoir de rédemption, pas même la force ou la faiblesse, l’héroïsme ou la lâcheté, le défi ou la soumission. Non, de tout cela Auschwitz, qui dévora même les enfants, n’a rien su ; il n’en offrit pas même l’occasion en quoi que ce fût. Ce n’est pas pour l’amour de leur foi que moururent ceux de là-bas [...] ; ce n’est pas non plus à cause de celle-ci ou de quelque orientation volontaire de leur être personnel qu’ils furent assassinés. La déshumanisation par l’ultime abaissement ou dénuement précéda leur agonie ; aux victimes destinées à la solution finale ne fut laissée aucune lueur de noblesse humaine, rien n’était plus reconnaissable chez les survivants, chez les fantômes squelettiques des camps libérés.

Et pourtant – paradoxe des paradoxes -, c’était le vieux peuple de l’Alliance, à laquelle ne croyait plus presque aucun des intéressés, tueurs et mêmes victimes, c’était donc très précisément ce peuple-là et pas un autre qui fut désigné, sous la fiction de la race, pour cet autre anéantissement total : le retournement horrible entre tous de l’élection en malédiction, qui se moquait de toute interprétation. Il y a donc bien malgré tout une relation – de la plus perverse qui soit – avec les chercheurs de Dieu et les prophètes d’autrefois, dont les descendants furent ainsi sélectionnés dans la dispersion et rassemblés dans l’union de la mort commune. Et Dieu laissa faire. Quel est ce Dieu qui a pu laisser faire ? »

Photographie : Zoran Music - Dachau

Photographie : Zoran Music – Dachau

La relation du peuple élu à Dieu

 « Il y a lieu d’intercaler ici que, dans cette question, le juif connaît une situation plus difficile, théologiquement, que le chrétien. Car pour le chrétien, qui attend de l’au-delà le véritable salut, ce monde-ci, en tout état de cause, relève amplement du diable, et demeure toujours un objet de méfiance, spécialement le monde des hommes à cause du péché originel. Mais pour le juif, qui voit dans l’immanence le lieu de la création, de la justice et de la rédemption divines, Dieu est éminemment le seigneur de l’Histoire, et c’est là qu’« Auschwitz » met en question, y compris pour le croyant, tout le concept traditionnel de Dieu. A l’expérience juive de l’Histoire, Auschwitz ajoute en effet [...] un inédit, dont ne sauraient venir à bout les vieilles catégories théologiques. Et quand on ne veut pas se séparer du concept de Dieu - comme le philosophe lui-même en a le droit – on est obligé, pour ne pas l’abandonner, de le repenser à neuf et de chercher une réponse, neuve elle aussi, à la vieille question de Job. Dès lors, on devra certainement donner congé au « seigneur de l’Histoire.  » Donc : quel Dieu a pu laisser faire cela ? » (5)

Photographie : Nous ne sommes pas les derniers - I

Photographie : Zoran Music – Nous ne sommes pas les derniers

Banalisation du Dieu juif ? : « Dieu sans puissance » (6)

« L’ultime souffle de ceux, proches et lointains, qui, abandonnés au froid glacial de jours durablement solitaires et interdits de toute miséricorde, furent condamnés à une mort sans kaddish et sans épitaphe, hante ceux qui ont conscience de survivre à leur anéantissement, de façon injustifiée et incompréhensible. Cela les oblige à porter le poids terrible de cette humanité disparue et à tenter de lui répondre par des engagements présents, car une vie habitée par l’ombre de cette histoire ne doit pas s’y défaire, mais exiger davantage d’elle-même afin, peut-être, que les générations nouvelles  sachent que le bien prévaut parfois sur la déréliction. Parmi les philosophes et les théologiens que ce temps effroyable ne cesse de tourmenter, Hans Jonas refuse la candeur condamnable de ceux qui s’efforcent de persévérer dans la certitude que, malgré son horreur, ce désastre n’impose pas une remise en cause radicale des catégories et des concepts. Or comme la haine et la persécution s’acharnèrent à détruire tous les enfants, fidèles et infidèles confondus, d’un peuple marqué jusque dans sa chair, par l’alliance avec le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, et comme ce Dieu n’envoya nul ange salvateur à leur secours, le théologien d’aujourd’hui doit s’interroger sur l’idée qu’il s’en fait. Cette tâche spéculative, dit ici Hans Jonas, fait partie des devoirs dus aux diasporas, elle constitue un impératif moral envers tous ceux qui, avec ou sans blasphème, crièrent vainement au ciel leur extrême douleur. » (7)

******

 De la littérature – roman, poésie - (Primo Lévi, Elie Wiesel, Jorge Semprun, Robert Antelme, Paul Celan, Violette Maurice pour ne citer qu’eux) à la  philosophie (Hannah Arendt, Hans Jonas notamment) en passant par l’histoire (David Rousset, Ian Kershaw, Alain Besançon..) mais aussi la peinture (Zoran Music en particulier mais aussi David Olère ou bien encore Miklos Bokor), le cinéma (Marcel Ophüls, Le chagrin et la pitié, Alain Resnais, Nuit et brouillard ou bien encore Claude Lanzman, Shoah), sans oublier le Droit lui-même (avec la notion de crime imprescriptible contre l’humanité), toute la création intellectuelle et artistique de l’Occident a été irriguée par cette tragédie inaugurale. Au-delà même du fait, de la tragédie individuelle et collective, c’est l’idée d’humanité qui a été niée alors même, comme on le sait, qu’elle est au fondement d’une grande partie de la philosophie occidentale. C’est dire qu’il y a bien, non un avant et un après génocide, mais la civilisation d’avant et celle d’après.

C’est ce qui fait aussi que même ceux d’entre nous qui n’ont pas connu cette période, n’y sont pas par leur famille ou leurs amis intimement rattachés partagent, non par un devoir trop souvent évoqué, mais par leur inscription de fait dans cette humanité revisitée après avoir été niée, cette tragédie qui, par sa nature, a une valeur universelle – y compris pour ceux qui s’emploient à la relativiser voire à la contester et, qui bien évidemment, n’en auront pour autant jamais fini avec elle, en tant qu’elle est aussi leur humanité.

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Chemin de ronde (Reuter)

Chemin de ronde (Reuter)

 « J’ignorerai toujours à quoi elle passait ses journées, où elle se cachait, en compagnie de qui elle se trouvait pendant ces mois d’hiver de sa première fugue et au cours des quelques semaines de printemps où elle s’est échappée à nouveau. C’est là son secret. Un pauvre et précieux secret que les bourreaux, les ordonnances, les autorités dites d’occupation, le Dépôt, les casernes, les camps, l’Histoire, le temps – tout ce qui vous souille et vous détruit – n’auront pas pu lui voler. » (8)

Dora Bruder

Emmanuel Fournigault

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(1) Gallimard, collection Folio (1999 pour l’édition référencée).

(2) Alain Finkielkraut, Une voix vient de l’autre rive, Gallimard (2000).

(3) Op. cité, pages 15-16.

(4) Hans Jonas (1903-1993), Le Concept de Dieu après Auschwitz, collection Rivages poche (1984, 1994 pour la présente édition).

(5) Op. cité, pages 11 à 13.

(6) Catherine Challier, Dieu sans puissance, in Hans Jonas, op. cité.

(7) Op. cité, pages 45-46.

(8) Patrick Modanio, op. cité, pages 144-145.

 

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