IN MEMORIAM, 21 JANVIER 1793 : SUR LA FRAGILITÉ DES RÉGIMES POLITIQUES *

Posté le 21 janvier 2015 par apreslhistoire dans Art et littérature

« C’est un pauvre coeur que celui auquel il est interdit de renfermer plus d’une tendresse. »
Marc Bloch  (1)

« Le privilège exorbitant de l’idée de révolution, qui consistait à être hors d’atteinte
de toute critique interne, est donc en train de perdre sa valeur d’évidence. »
François Furet (2)

 

Louis_XVI_et_Marie-Antoinette - Cénotaphes - Site de la Basilique Saint-Denis

Cénotaphes de Louis XVI et Marie-Antoinette (Basilique Saint-Denis)


Le 21 janvier 1793, Louis XVI était guillotiné, Place de la Concorde. Son épouse, Marie-Antoinette, connut le même sort, aux Tuileries, le 16 octobre de la même année.

Derrière ce qui peut apparaître comme le « folklore » de la commémoration (mais la République, de ce point de vue-là, n’est pas en reste…), il ne faut jamais oublier la continuité profonde de l’histoire, au-delà des ruptures brutales et parfois sanguinaires. Dans son célèbre ouvrage, L’ancien régime et la Révolution (3), Tocqueville (1805-1859) a démontré avec son style lumineux et profond la continuité forte entre les deux époques, derrière l’apparent bouleversement des institutions et des moeurs (qui n’était pas seulement apparent mais qui avait gommé artificiellement à la fois les traditions ancestrales et leur évolution déjà en marche avant l’éclatement de la Révolution – ceci dit en termes évidemment schématiques).

La volonté, typique de nombre de régimes modernes (à commencer par les plus odieux, les totalitarismes et le régime nazi), d’éradiquer non seulement tout ou partie du passé mais aussi ce qui constitue l’âme d’un peuple, faite d’héritage, de bonheurs et de malheurs partagés, de rancunes oubliées et de projets communs (voir Ernest Renan), rompt artificiellement le « continuum » de l’histoire et de la civilisation qui lui est attachée. Pour autant, elle ne le fait pas disparaître ; il peut reprendre ou resurgir, comme l’illustre notamment l’histoire de l’Europe centrale au XXe siècle.

Qu’est-ce que « l’Ancien Régime » (pour reprendre une expression qui appartient au vocabulaire de la Révolution elle-même) peut encore dire aujourd’hui aux « citoyens » que nous sommes, « aux petits démocrates endiablés », pour paraphraser Henry James (1843-1916), que nous sommes devenus ? Plus qu’on ne pense…

Non seulement le patrimoine architectural – églises, châteaux, manoirs… – demeure (malgré les difficultés réelles – financières notamment – que rencontre la sauvegarde du patrimoine). Non seulement une grande partie de notre héritage pictural mais aussi musical est intimement lié « au vieux régime ». Non seulement la littérature, et en particulier celle du Grand Siècle français (XVIIe), continue, bon an mal an, d’être enseignée et, espérons-le, appréciée.

Photographie : Emmanuel Fournigault

Photographie : Emmanuel Fournigault

Cathédrale de Bayeux 

Mais au-delà de ces quelques banales évidences, la présence diverse et diffuse de cette époque, de ce creuset même de notre civilisation européenne, et française au premier plan, nous rappelle que nous sommes faits de sédimentations, non de juxtapositions. Que nous ne sommes pas nés modernes (à la différence notable, de ce point de vue-là, des Etats-Unis d’Amérique) mais que nous nous inscrivons dans une « lignée » (laquelle n’est pas aristocratique mais forme justement le continuum évoqué plus haut).

Le risque est évident que ce continuum se brise (à moins qu’il ne se soit déjà brisé) sous l’effet des ravages d’une modernité mal comprise et, plus encore, d’une juxtaposition, sans relations fécondes, de cultures différentes sur un même lieu. Sous l’effet d’un relativisme qui refuse de distinguer et de rappeler les origines et donc l’histoire…

Ce que nous apprend aussi la chute de la Monarchie absolue, c’est que les régimes politiques les plus établis sont fragiles et que la question des moeurs (pour reprendre l’analyse de Montesquieu qui estimait qu’à chaque régime correspondaient des moeurs ou, plus exactement, des principes dont ils étaient le ciment) (4) est évidemment essentielle. Aucun régime politique n’est à l’abri de la corruption de ses propres principes.

Nos démocraties modernes ou post-modernes paraissent avoir oublié ces préceptes simples et en paient de plus en plus le prix… Souvent gouvernées par une forme d’angélisme (« l’homme n’est pas mauvais par nature, c’est la société qui le rend mauvais, l’éducation se chargera de former des citoyens soucieux du vivre-ensemble…») et dominées par une vision irénique de l’histoire (« tout finira par un accord »), elles se sont fragilisées, elles n’ont pas voulu voir que le travail de sape de leurs principes fondamentaux pouvait venir de l’intérieur (en plus des menaces extérieures). En d’autres termes, elles se sont désarmées à la fois matériellement (en réduisant de façon irresponsable leurs moyens de défense interne et externe) et intellectuellement en n’osant plus défendre des valeurs et un héritage fruits d’une longue, d’une très longue histoire, sauf dans les périodes de crise extrême… Mais n’est-ce pas un peu tard ?

Photographie : Emmanuel Fournigault

Photographie : Emmanuel Fournigault

Orgue et rosace, église de Vimoutiers (Orne)

Tentons d’aller un peu au-delà de ce constat, sans prétendre aborder, ici et maintenant, tous les aspects d’un sujet fort intéressant mais très vaste : celui du meilleur régime politique et du respect des principes qui le fondent. La question du meilleur régime est en effet une question centrale de la philosophie politique, classique puis moderne. De Platon à Montesquieu (et même au-delà), en passant par Aristote, la question du régime le mieux à même d’atteindre le bien commun (lequel ne se confond pas avec l’intérêt individuel), la bonne vie commune, pour parler comme Saint Thomas d’Aquin, est, ou plutôt, devrait être la question de philosophie politique première. Or il n’en est rien. Plus exactement, la démocratie moderne, entendue comme essentiellement (au sens philosophique du terme) procédurale, organisée par des règles de droit, garanties par des institutions, nationales ou supra-nationales, établies, fait désormais figure d’évidence : un « donné », une forme indépassable d’organisation de la vie humaine collective.

Mais la vulnérabilité évidente des démocraties libérales a resurgi – si tant est qu’elle ait vraiment disparu – depuis quelques années.

La période actuelle, quant à elle, montre, avec une cruauté extrême, que « la partie n’est pas gagnée ». Non que les démocraties libérales en tant que telles puissent valablement et durablement être « concurrencées » par des régimes ou des formes politiques objectivement supérieurs et crédibles mais parce qu’elles paraissent de plus en plus victimes de leurs propres faiblesses, de leur propre angélisme. La catégorie « amis / ennemis », si chère à Julien Freund (1921-1993) (5), paraît avoir été jetée dans les oubliettes de l’histoire des régimes politiques alors qu’elle nous paraît être plus que jamais la « colonne vertébrale » des régimes qui entendent se protéger des menaces extérieures comme intérieures… Il nous semble en effet que les menaces qui pèsent sur ces régimes trouvent leur source tant dans la constante des menaces extérieures (avec des variantes et des intensités diverses) que dans les dysfonctionnements internes. Ceux-ci nous paraissent plus nombreux qu’il n’y paraît et ne se limitent pas – qui plus est – aux seules menaces intérieures ; ils résultent aussi, pour une part, d’une corruption de l’idée démocratique.

En effet, la conception dominante de la démocratie libérale, celle qui s’est progressivement répandue en Occident et qui se donne en  « modèle »,  s’est aussi éloignée de la conception des Pères fondateurs des XVIIIe et XIXe siècles. Régime mixte à l’origine, combinant démocratie et aristocratie, égalité des droits et sélection des meilleurs, horizontalité et verticalité, la démocratie libérale comptait aussi, à l’instar de tous les régimes politiques, sur les moeurs de ses citoyens, sur leur attachement à un comportement individuel inscrit dans un collectif qui lui est supérieur : l’intérêt général, l’amour du pays, de la patrie, la défense exigeante de valeurs non négociables et d’un héritage, culturel en premier lieu, dont il dépend de chacun qu’il soit préservé et transmis. En d’autres termes, et comme la philosophie politique classique nous l’a toujours appris, un régime ne repose pas uniquement sur un ensemble de règles de Droit, il dépend aussi du comportement des hommes : les élus ou ceux, plus généralement, qui exercent l’autorité politique, morale, intellectuelle et les citoyens ou sujets, selon les époques.

Au lieu de cela, les démocraties modernes à l’âge de la maturité et certaines de leur solidité ont fait prévaloir le régime des droits sur toute autre considération ; elles sont progressivement mais durablement devenues des démocraties procédurales, des organisations gérées par la technique juridique sous l’autorité d’une conception à la fois vague et conquérante des Droits de l’Homme dont le philosophe Marcel Gauchet avait pourtant souligné il y a plus de trente ans qu’ils ne sauraient constituer une politique (6). A cette dynamique, bien connue des juristes et des politistes, mais que l’on peut constater dans la vie courante, s’en est ajoutée une autre : celle de l’extension quasi-infinie de l’idée démocratique, au-delà de la seule Politique : dans l’éducation, les rapports familiaux, l’organisation des vies privées, l’accès à la culture (en fait, aux loisirs et aux divertissements), etc., toute idée de distinction, de hiérarchisation et, pire, de différenciation apparaît comme une entrave à la marche sans fin vers le règne sans partage de la démocratie procédurale. 

Pour le dire de façon synthétique et sans doute imparfaite : plus la démocratie s’est étendue, au-delà de l’organisation des pouvoirs, plus elle s’est éloignée d’une partie de ses origines et plus la dynamique s’est emballée. Tout ce qui n’est pas orienté vers l’approfondissement du processus démocratique apparaît suspect. Dans le même temps, mais de façon assez logique, tout ce qui devrait rappeler à chacun ce qui le dépasse, ce qui lui préexiste, ce qui doit, par nature, échapper à la logique démocratique, sauf à se perdre, a disparu (ou largement disparu) des discours comme des « moeurs ». 

Photographie : Emmanuel Fournigault

Photographie : Emmanuel Fournigault

Compiègne, statue de Jeanne d’Arc

Ce que nous rappelle la symbolique du 21 janvier 1793 (et sans extrapoler évidemment) c’est que tout régime est vulnérable et que sa vulnérabilité peut aussi trouver sa source en son « for intérieur », dans son « être » : le désarmement (lato sensu), l’irénisme, déjà évoqué, le refus de considérer l’Autre comme ennemi, alors – pour paraphraser Julien Freund – que lui-même nous a faits ennemis malgré qu’on en ait – sont, sans doute, à l’origine des désillusions les plus cruelles que nous vivons… Les causes d’hier sont évidemment fort différentes de celles d’aujourd’hui mais, dans les deux cas, il nous paraît juste de souligner que c’est la nature même du régime qui est atteinte.

Au-delà de l’actualité immédiate qu’on ne médite sans doute pas assez – figés que nous sommes trop souvent devant le spectacle de l’histoire-se-faisant -, ce jour de souvenir devrait aussi nous conduire à réfléchir aussi (sans basculer dans le rejet total et « esthétisant ») à ce que la Révolution (comme l’idée même de révolution) a produit dans nos esprits, puisque, nolens volens, nous sommes les enfants inguérissables de ce moment. Pour s’en tenir, là encore, à quelques généralités, tant le sujet est vaste et disputé, l’épisode révolutionnaire, bien que désormais éloigné de nous, a profondément imprimé les mentalités, au-delà des institutions elles-mêmes (institutions dont nous savons qu’elles entrèrent alors pour très longtemps dans une période de tourments et d’instabilité jusqu’à l’avènement de la IIIe République). La recherche du bon régime ou, plus exactement, de la bonne formule constitutionnelle, fut une des constantes de la politique française pendant tout le XIXe siècle.

Pour illustrer cette question de l’empreinte de la Révolution, je recourrai, évidemment, à un auteur, un auteur dont je suis loin, très loin, d’avoir appréhendé la densité de l’oeuvre érudite, exigeante et parfois déroutante mais dont chaque « exercice de lecture » (comme on parle d’exercices spirituels) a cette vertu d’interroger, de faire vaciller et de tenter d’aller derrière le rideau, derrière le donné fabriqué qui prend le masque de la fausse évidence… Il s’agit d’un court extrait (parmi de multiples et beaux extraits possibles) d’un livre labyrinthique de Roberto Calasso (né en 1941), La ruine de Kasch (7), méditation, récit, histoire reconstituée, autour, notamment, de la figure trouble et emblématique de Talleyrand. (8)

 EXTRAITS

*********

« Après la Révolution, le progrès oublie la douceur. Il l’exclut de son coeur habité par le démon du déroulement indéfini. Il l’exclut de sa raison qui prétend désormais se fonder sur la Révolution, donc sur le moment où la douceur a été tuée. Et l’équivoque démesurée de la raison voulût que la victime sacrificielle fût considérée comme l’Ennemi. Même son héritage pouvait être contagieux. Quand le souvenir même de la douceur sera extirpé, quand toute l’histoire sera son et lumière, et non plus convivance avec les ténèbres protectrices, alors apparaîtront certaines expressions débonnaires et désolantes - « temps libre », « qualité de vie » – tout comme un jour, alors que la nature avait déjà été balafrée, on commença à parler de « paysage». » (9)

*********

Dans cet ouvrage, Roberto Calasso analyse ainsi (parmi d’autres réflexions) la portée décisive du moment révolutionnaire, la forme d’esprit qui s’est développée, a essaimé et s’est durablement installée ; approche de la Révolution qui va au-delà des analyses classiques (mais insuffisantes) des institutions et de l’histoire des idées (idées dont on sait, avec Augustin Cochin (1876-1916) en particulier, le poids qu’elles eurent sur les évènements).

Cet extrait qui n’est pas simple rejet ou manifestation d’un pur effroi, nous semble-t-il, mais ouverture ou suggestion pour aller au-delà de l’évidence et d’une forme de « mauvais catéchisme » peut aussi se lire en communion avec la citation bien connue qui suit, extraite du célèbre livre du grand historien Marc Bloch (1886-1944), L’étrange défaite, livre majeur dans lequel l’auteur analyse les causes de la défaite de 1940 mais élargit son propos à ce qu’est l’histoire commune d’un peuple et d’une nation : 

« Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France, ceux qui refusent de vibrer au sacre de Reims (10) ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la Fête de la Fédération (11). Peu importe l’orientation présente de leurs préférences. Leur imperméabilité aux plus heureux jaillissements de l’enthousiasme collectif suffit à les condamner. » (12)

L'étrange défaite

Marc Bloch nous invite à penser l’histoire comme continuité derrière les ruptures, parfois violentes, à faire Nation en reliant toute notre histoire politique, attaché qu’il était à cette forme d’unité sans laquelle il n’est pas de vraie nation, de nation construisant patiemment son récit ; un récit qui accueille les générations successives, lesquelles doivent apprendre à le faire leur et non le segmenter ou en récuser des fragments. L’idée d’une France nouvelle née d’une rupture brutale avec le monde d’avant lui est étrangère.

Roberto Calasso nous invite quant à lui à méditer (entre autres réflexions) le concept de révolution mais aussi l’impact de l’épisode révolutionnaire sur les mentalités, les formes de l’esprit. Il souligne à plusieurs reprises la portée de l’onde de choc créée par la rupture révolutionnaire, les illusions parfois cruelles qu’elle a générées et, au-delà, la difficulté pour ses héritiers – même éloignés – de se déprendre de cette forme d’esprit marquée en particulier par le triomphe de la volonté. Profonde méditation (mais ce livre est beaucoup plus que cela) sur l’influence des régimes politiques, à nouveau, sur la nature et la psychologie des hommes.

Nous n’irons guère au-delà de cette analyse et laisserons à la lecture successive ou parallèle le soin de répondre ou non aux paradoxes, aux contradictions (seulement apparentes). Car ces lectures et quelques autres renvoient, nous semble-t-il, à la même question : quel est le meilleur régime politique et celui-ci existe-t-il en dehors des circonstances ? La simple formulation de la question paraîtra sans doute incongrue ou à tout le moins iconoclaste ; elle nous paraît, bien au contraire, non seulement actuelle mais aussi essentielle, au sens où (comme l’a toujours pensé la philosophie politique classique) le régime politique est indissociable de la nature profonde des hommes autant qu’il influe sur elle.

A l’heure où certains s’interrogent sur ce qu’il convient d’apprendre aux générations qui adviennent, pourrions-nous modestement suggérer de former les futurs citoyens, le moment venu, aux questions classiques de la philosophie politique (à commencer par celle du régime politique) plutôt que de passer directement à l’étape suivante, celle des Droits et des « valeurs de la République », souvent mal définies, qui ne saurait nourrir durablement la réflexion de chacun sur ce qu’être un citoyen veut dire ? (13)

La crise réelle des démocraties libérales a des origines diverses mais il n’est pas certain que les maux principaux – contrairement à certains discours dominants ou répandus – soient de source institutionnelle. Plus exactement, la réflexion et l’interrogation légitimes sur les institutions et les mécanismes décisionnels (grands classiques de la sociologie politique et de la théorie constitutionnelle) n’épuisent pas, nous semble-t-il, le sujet. Au-delà, il y a encore et toujours l’esprit des hommes, leur manière de penser (ou de ne pas penser), leur capacité ou leur incapacité à interroger ce qui leur apparaît comme des évidences mais qui est en fait le produit d’un temps long, leur capacité ou leur incapacité à se demander un instant, un bref instant, s’ils n’ont pas eux-mêmes (et avec la bénédiction de certains pouvoirs) trahi cet héritage comme la nature profonde d’une forme de démocratie (c’est-à-dire, dans notre esprit, d’un régime mixte…). 

La difficulté (et le risque) d’une analyse sérieuse des maux auxquels nos régimes sont en proie serait sans doute de nous plonger dans une angoisse profonde qui pourrait se résumer à cette question vertigineuse : aurions-nous fait fausse route ?

Emmanuel Fournigault

Photographie : Emmanuel Fournigault

Photographie : Emmanuel Fournigault

Lumière et tabernacle, église de Villers-sur-Mer (Calvados)

 

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* Cette note est une nouvelle version très sensiblement augmentée de celle parue, sans le sous-titre, le 21 janvier 2015.

(1) Marc Bloch, L’étrange défaite, p. 173, Gallimard, collection Folio-Histoire (1946 pour la première publication, 1990 pour l’édition citée). Écrit en 1940, le livre de Marc Bloch fut publié en 1946, deux années après que l’historien a été fusillé par la Gestapo.

(2) François Furet, Penser la Révolution française, p. 29, Gallimard, collection Folio-Histoire (1989 pour l’édition référencée). Si le livre de François Furet fait désormais figure de classique, il suscita dès sa parution, en 1978, et pendant de nombreuses années, un débat nourri et souvent vif, tant il mettait à mal ce que l’auteur appelait « le catéchisme révolutionnaire ». Encore de nos jours, quelques essayistes ou historiens récusent l’approche de ce grand auteur.

(3) Éditions Gallimard, collection Folio-Histoire (1990 pour l’édition citée, 1856 pour la première publication).

(4) Cette allusion renvoie à une distinction célèbre développée dans L’Esprit des Lois (1748) et selon laquelle les régimes despotiques fonctionnent sur la crainte, les régimes monarchiques sur l’honneur et les régimes républicains sur la vertu…

(5) Julien Freund, L’essence du politique, Dalloz (2004, pour l’édition référencée). Thèse soutenue en 1965.

(6) Le Débat, n°3, juillet-août 1980, pp. 2-21.

(7) Gallimard, collection Folio (2002, pour l’édition référencée).

(8) Pour une analyse de ce livre important, nous renvoyons à l’article mis en ligne sur le site Stalker de Juan Asensio, article à lire ici

(9) Op. cité, p. 95.

(10) Nombre de rois de France furent sacrés dans la cathédrale de Reims du IXe au XIXe siècle. L’un des sacres les plus célèbres dans ce lieu éternel fut celui d’Hugues Capet en 987. Le dernier roi de France à avoir été sacré à Reims fut Charles X en 1825. Clovis y fut baptisé officiellement en 496, vraisemblablement vers 498-499.

(11) Fête célébrée le 14 juillet 1790, un an après la prise de la Bastille, au cours de laquelle Louis XVI, qui y participait, prêta serment à la Nation et à la Loi. 

(12) Op. cité, page 198.

(13) Sur ces différentes questions (philosophie politique classique et moderne, importance du régime politique, histoire et évolution de la démocratie, triomphe de la démocratie procédurale…), abordées ici de façon très cavalière, on peut utilement se reporter à Philippe Bénéton, Introduction à la politique moderne, collection Hachette-Pluriel (1987, pour l’édition référencée). Philippe Bénéton, professeur émérite de science politique, fut mon professeur à la faculté de Droit. Il fait partie des quelques enseignants qui ont beaucoup compté et dont les cours, les conseils de lecture, la méthode d’enseignement, faite d’une très grande exigence et d’un amour profond des grands textes, n’ont cessé de m’accompagner depuis trente ans. Je lui dois, entre autres auteurs, la lecture de Tocqueville, Benjamin Constant, Raymond Aron, Léo Strauss ou bien encore Pierre Manent mais aussi celle de quelques romanciers, Boulgakov, Vassili Grossmann…

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