REGARD SUR UNE EGLISE, SAINT-PAUL SAINT-LOUIS – PARIS IVè

Posté le 27 juillet 2014 par apreslhistoire dans Art et littérature, Eglises et religion

L’ECLAT DE LA CONTRE-REFORME

Ad majorem Dei gloriam (1)
(Pour une plus grande gloire de Dieu)

Photographie : Emmanuel Fournigault

Photographie : Emmanuel Fournigault

C’est une visite intéressante à plus d’un titre que celle de l’église Saint-Paul Saint-Louis, rue Saint-Antoine, dans le IVè arrondissement de Paris, qu’il m’a été donné de faire en compagnie d’une historienne de l’architecture, Odile Nardin.

Par son histoire, par son architecture, par ses influences religieuses fortes, elle incarne un moment important dans l’évolution du catholicisme français. (2)

En effet, cette église dédiée à Saint-Louis (3) fut édifiée entre 1627 et 1641, sous Louis XIII, et avec le soutien indéfectible du Cardinal de Richelieu qui y célébrera la première messe en 1641, deux années avant la fin du règne de Louis XIII. Son nom d’aujourd’hui, Saint-Paul Saint-Louis, lui a été attribué en 1802 après la destruction de l’autre église (gothique) du quartier Saint-Paul ; elle deviendra alors église paroissiale. 

Dédier cette église à Saint-Louis n’est pas anodin : Saint-Louis, c’est le roi qui stabilise le royaume, « arrime » à la France des provinces conquises par son illustre grand-père, Philippe Auguste, exerce le pouvoir dans le souci d’unité et de pacification (ce qui n’exclut ni la guerre, ni les croisades, bien évidemment). La précision historique doit aussi conduire à souligner le rôle et l’influence de sa mère, Blanche de Castille, qui exerça le pouvoir, non seulement pendant l’enfance du roi (Saint-Louis fut intronisé à l’âge de douze ans, en 1226), mais aussi pendant les longues périodes d’absence du roi qui mena les deux dernières croisades, attaché qu’il était à la défense et à la reconquête des Lieux Saints, des terres chrétiennes. Saint-Louis, le missionnaire, le pieux souverain qui, selon la légende, aurait préféré être prêtre, a laissé une trace profonde dans l’esprit des populations (4). Or, les figures tutélaires de cette église sont elles aussi deux missionnaires majeurs (mais d’une toute autre façon), Ignace de Loyola (1491-1556) et son fidèle compagnon, François-Xavier (1506-1552) dont les statues ornaient à l’origine la façade du monument.

Cette église est en effet placée sous l’influence directe du fondateur de la Compagnie de Jésus (Ignace la créa en 1535 et elle fut reconnue par le pape Paul III en 1540). Le jésuitisme – dont l’histoire en France fut passablement compliquée ce qui n’empêcha nullement son rayonnement au-delà du royaume et même de l’Occident – fut en pointe dans cette période charnière pour le catholicisme français dite de Contre-Réforme (ou de Réforme catholique).

Photographie : Emmanuel Fournigault

Photographie : Emmanuel Fournigault

Quelques rappels me paraissent s’imposer.

Réforme protestante et jansénisme : justification et prédestination 

On ne peut en effet comprendre les particularités de cette église et de toutes celles qui furent bâties pendant cette période si on ne se « resitue » pas dans le contexte de cette époque charnière. La France est encore fortement marquée par les guerres de religion qui se sont succédé dans la deuxième partie du XVIè siècle et plus précisément entre 1562 et 1593 (5). Parmi des causes diverses – qui ne sont pas sans lien avec le pouvoir politique et ce que la philosophie politique appelle, dans une formule fameuse, la libido dominandi - il y a évidemment la Réforme protestante avec ses deux figures emblématiques Martin Luther (1483-1546) et Jean Calvin (1509-1564), son disciple français, mais qui développera une doctrine propre qui présente quelques différences avec le luthérianisme.

Sans prétendre, hic et nunc, résumer les axes essentiels de la Réforme protestante, suivons la présentation qu’en fait Marie Pinsard (6) et l’introduction à la troisième partie de l’anthologie de François Huguenin (qu’on désignera ci-après par leurs initiales respectives).

A l’aube du XVIè siècle, « [un] bon nombre de chrétiens souhaite une liturgie moins complexe, une richesse moins ostentatoire et une relation plus directe avec le texte biblique.» (MP).

Luther va élaborer une doctrine qui bouleverse les conceptions chrétiennes admises jusqu’alors. Le centre de sa réflexion est celui du salut. Pour lui : « seul Dieu a le pouvoir de sauver une âme, aussi pécheresse soit-elle, l’homme ne peut y apporter son concours. Seule la foi dans le pardon divin rend l’homme juste. Ainsi les mérites et les bonnes actions sont des conséquences du salut et n’en sont pas l’origine, ce qui rentre en contradiction avec la foi chrétienne traditionnelle qui accorde à l’homme un libre arbitre qui lui permet, par ses décisions et ses actes, de prendre part à son salut.» (MP).

Rupture radicale avec la tradition, rupture insupportable pour les chrétiens de « stricte obédience ».

« [Luther devient] le pionnier de la Réforme et de la séparation du christianisme occidental entre le catholicisme, fidèle à Rome, et le protestantisme.» (FG).

« Conscient de l’immense écart entre le statut de pécheur de l’homme et le salut proposé par Dieu, il acquiert l’intime conviction de la « justification par la foi » : l’homme est sauvé par la foi, donné par Dieu et non par ses faibles mérites. En revanche, pour le catholicisme, si la justification a été méritée par la Passion du Christ et est accordée par le baptême qui est le sacrement de la foi, il y a, en outre, collaboration entre la grâce de Dieu et la liberté des hommes. » (FG).

Son conflit ouvert et violent avec le pape Léon X (dont il conteste la politique dite des indulgences, qui consiste à racheter certains de ses péchés contre finances) est total et irréversible. Il sera excommunié en 1520.

La figure française du protestantisme, Calvin, ira même au-delà du luthérianisme. « En ce qui concerne le salut, il va plus loin que son prédécesseur, en développant la doctrine de la double prédestination selon laquelle Dieu élit les uns pour être sauvés, les autres pour être damnés. » (MP).

Photographie : Emmanuel Fournigault

Photographie : Emmanuel Fournigault

Le destin de ce qui est alors considéré comme une hérésie sera différent en Allemagne, dans certains Etats d’Europe du Nord et en France. Dans les premiers, le protestantisme trouve à s’installer assez rapidement et durablement. En France, il en fut tout autrement comme on le sait et une grande partie du XVIè siècle sera marquée par des conflits sanglants jusqu’à l’avènement d’Henri IV en 1589. «  Le roi abjure le protestantisme dans l’église de Saint-Denis et se fait sacrer à Chartres le 27 février 1594. » (MP).

Si le règne d’Henri IV ouvre une parenthèse dans ce conflit majeur, symbolisée par la proclamation de l’Edit de Nantes en 1598 qui reconnaît les droits des protestants à exercer leur culte, on sait ce qu’il advint après son règne, sous Louis XIII (avec la forte influence, cf. supra, du Cardinal de Richelieu) et Louis XIV qui révoqua l’Edit en 1685.

Mais le développement du protestantisme n’est pas la seule menace, ni la seule concurrence auxquelles le catholicisme doit faire face. En son sein, l’Eglise catholique connaît des dissensions fortes. Le XVIIè siècle voit ainsi se diffuser la doctrine janséniste (du nom de son promoteur, Cornelius Jansen (1585-1638).

Là encore, nous n’aurons pas la prétention de livrer une analyse savante de cette doctrine (dont l’histoire est aussi intimement liée au pouvoir politique).

Reprenons à nouveau l’exposé fort clair de Marie Pinsard : « [...] les thèses de Jansenius renouent avec la controverse sur la grâce et le libre arbitre, point de conflit crucial entre protestants et catholiques. Il y affirme que l’homme depuis le péché originel ne peut orienter sa volonté que vers le mal. Seule la grâce divine est susceptible de le tourner vers une vie plus conforme à la volonté de Dieu. Mais cette grâce, nécessaire au salut, n’est pas octroyée à tous les hommes, un point sur lequel Jansenius rejoint Calvin. ».

L’époque, dans le prolongement du schisme protestant, est empreinte d’un rigorisme et d’une austérité qui expliqueront pour une large part la réaction de l’Eglise catholique, tant en doctrine, qu’en liturgie mais aussi (on y revient…) en architecture avec le classicisme dont l’église Saint-Paul Saint-Louis est une illustration parfaite.

Contre la Réforme protestante du XVIè siècle, l’Eglise catholique développera sa propre Réforme (qui ne saurait être résumée à la seule volonté de contrer le protestantisme et de préserver le dogme mais qui aura également pour souci de le refonder en partie et de le ressourcer – cf. infra). Contre les Jansénistes, les Jésuites développeront leur doctrine, leur approche très humaine et sensible de la religion.

Les deux moments, Contre-Réforme et « Aventure Jésuite » (8), sont donc très liés.

 

La Contre-Réforme ou l’esprit de reconquête

 

Paul III - Ecole du Titien

Paul III – Ecole du Titien

Face à la menace protestante qui, rappelons-le, ne fait pas que concurrencer, si l’on peut dire, l’Eglise catholique mais la conduit à s’interroger sur elle-même, le pape Paul III convoque un concile qui fera date, de 1545 à 1563, à Trente (ville du nord-est de l’Italie). Les prélats qui y participeront (237 à la fin du Concile comme le rappelle Marie Pinsard)  (9) auront à coeur de réaffirmer des dogmes et principes essentiels (notamment la question déjà abordée du libre arbitre et de la participation de l’homme à son propre salut), les sources reconnues du catholicisme (qui ne se limitent pas à la Bible), l’importance de tous les sacrements (si malmenés par les protestants qui n’en reconnaissent que deux) et le rôle essentiel du clergé. « Le concile, fidèle en cela aux premiers apôtres, rebâtit l’Eglise sur sa pierre originelle en construisant une architecture dotée des meilleurs éléments : un clergé instruit et dévoué mené par des évêques responsables ». (10).

Ce concile majeur a donc travaillé la doctrine afin de répondre aux protestants sur la question de la « justification » (cf. supra) mais aussi la discipline ecclésiale (le rôle de chacun, le rapport hiérarchique) et bien sûr la liturgie. Plus exactement, c’est à Pie V que l’on devra la publication d’un catéchisme, directement issu du concile de Trente, en 1566, d’un bréviaire en 1568 et d’un missel en 1570 (11). La portée de ce concile est donc majeure et l’Eglise romaine y fit longtemps référence. Le rite tridentin est essentiel en tant qu’il réaffirme « l’importance du sacré et le souci de l’universalité de la liturgie [...]. » (11 bis). Très malmené, non pas tant peut-être par le concile de Vatican II (1962-1965) que par certains de ses interprètes, il demeure la forme « extraordinaire » du rite romain (par différence – et non opposition – avec le rite ordinaire issu du missel de 1970. (11 ter).  Soulignons la longévité du missel tridentin (même s’il connut certaines évolutions mais peu majeures)…  

Le concile de Trente (école italienne, XVIè siècle, musée du Louvre, Paris)

Le concile de Trente (école italienne, XVIè siècle, musée du Louvre, Paris)


La mission pastorale des Jésuites : une aventure humaine et spirituelle

 

Couverture de la collection Folio

Couverture de la collection Folio

Comment parler en quelques mots, comme nous y oblige le format de ce blog, d’Ignace de Loyola ?

Comment restituer, sans la trahir, ce que fut « l’aventure jésuite », pour reprendre l’expression de Philippe Sollers ?

Fidèle à ma proposition originelle, je me référerai à plus savants que moi, à ceux qui l’ont lu plus que moi et au héros lui-même qu’il faut lire et relire comme il faut lire et relire une de ses contemporaines non moins célèbre, Thérèse d’Avila (1515-1582), figure de la Contre-Réforme espagnole du XVIè siècle, comme Ignace (lequel était né dans le Pays Basque espagnol, d’où ce nom d’Inigo qui correspond à la traduction castellane d’Ignace).  

Ecrivain aux talents d’écriture remarquables, insoumise et mystique, pleinement dans la vie (elle fondit nombre de carmels dans des conditions souvent difficiles) et éprise d’une mystique, parfois incomprise (elle fut menacée par l’Inquisition…) dont le symbole – mais aussi l’incarnation ou la pratique concrète – fut l’oraison dont elle a théorisé les étapes, de même qu’elle théorisa dans un livre sublime « les demeures de l’âme » (12), Thérèse d’Avila mériterait à elle seule une note (forcément simplifiée et donc indigne mais peut-être viendra-t-elle néanmoins) dans ce blog…

Ignace et Thérèse furent, avec un itinéraire différent, heurtés, déstabilisés par la Réforme protestante. « Le monde est en feu !» écrivait ainsi Thérèse. Inigo, lui, éloigné de la sagesse de la religion, était un ambitieux, un guerrier saisi par la religion, après des expériences militaires et physiques douloureuses. Ignace a donc été saisi par la religion et plus encore par l’amour de Dieu, alors que tout dans sa vie l’en éloignait, l’éloignait de ce que Maxence Caron, parlant de Rimbaud, appelle, dans une formule splendide (mais aussi incompréhensible pour les laïcs tardifs et étroits que nous sommes) « la subversion de la conversion ».

Ce cheminement est décrit avec la subtilité qu’on lui connaît par François Sureau, dans « Inigo » (13), récit ou portrait, plus exactement, qui ne se veut pas pour autant biographie. Ignace comprit un jour (après une blessure de guerre) que sa vie était vaine, qu’il lui fallait autre chose et qu’il ne pouvait rester indifférent aux assauts contre la religion catholique.

« [...] Le Christ était venu le chercher à Pamplune [là où il fut blessé]. Il s’était fait entendre dans cette chambre même. Il ne lui avait pas refusé l’amour dont il était indigne. A cette pensée, il était transporté de larmes, tout son corps meurtri secoué par la honte et par la gratitude. Il n’aurait pas assez de toute sa vie pour se perdre dans la tendresse de Dieu » (14).

Cette dernière phrase de ce livre – qu’il faut lire, tant il est frustrant et presque inconvenant de n’en citer que quelques bribes – est importante car elle résume excellemment le rapport à Dieu des héros et héroïnes de la Contre-Réforme : Dieu est tendresse et amour et donc l’architecture, le plan même du lieu de culte, doivent traduire et permettre de ressentir cette réalité, cette croyance, qui n’est pas que croyance justement, mais conviction fondée sur l’expérience sensible, vécue dans des circonstances telles, pour Ignace notamment, qu’elle devient évidence, sans nulle nécessité de démonstration… Tout l’opposé du rationalisme dont la fin du XVIIè siècle mais surtout le XVIIIè virent le triomphe, pour le meilleur et pour le pire…

Inigo fonda donc la Compagnie de Jésus, rapidement reconnue (cf. supra), et surtout dont le succès fut retentissant. Comme le rappelle Philippe Sollers : « [Les Jésuites] ne se contentent pas de propager leur foi et de convertir, ils enseignent » (15).  Et cette volonté missionnaire de l’enseignement se retrouvera dans toute l’action d’Ignace, de François-Xavier et de leurs disciples : missions extérieures par l’implantation – avec des échecs mais aussi des réussites éblouissantes, comme en Amérique du Sud –  mais aussi missions intérieures et c’est là qu’on retrouve notre architecture, l’architecture de Saint-Paul Saint-Louis : l’église, comme lieu, doit être propice à l’édification des foules, doit inciter, par les sculptures et le mobilier liturgique, à l’amour sans borne de Dieu, c’est-à-dire sans les frontières, les barrages, la sécheresse parfois qui sont la marque de certaines architectures (catholiques ou non) mais aussi et peut-être surtout de certaines liturgies et donc de la liturgie protestante. Et de toutes celles qui, bien que catholiques, ont effacé la relation presque charnelle et à tout le moins sensible et aimante qui doit marquer le rapport à Dieu en tant qu’il est aimant et qu’il faut être digne de son Amour…  

Cette approche et cette traduction architecturale culmineront dans le classicisme français du XVIIè siècle dont l’église Saint-Paul Saint-Louis est un brillant exemple mais s’affirmeront aussi, bien que différemment, dans le baroque qui ne doit pas, nous semble-t-il, être associé au classicisme tant il est propre à un moment mais aussi à une géographie et à des circonstances historiques. L’illustration caractéristique du baroque en France, ou plus exactement avant la France que nous connaissons, est le baroque savoyard : la Savoie, duché alors autonome, et qui, fortement menacé par la Réforme – dominante en Suisse -, réagit et développa une architecture, une sculpture, une représentation des saints, des anges, des figures majeures du catholicisme absolument remarquables, humaines et généreuses (16).

Bien que plus sobre, me semble-t-il, le classicisme dont cette église est l’un des chefs d’oeuvre porte la marque de la magnificence et de la munificence qui résument à la fois l’ambition architecturale de ce courant ou de ce moment mais aussi – car c’est indissociable – le renouvellement du rapport à Dieu, du ressourcement du dogme (cf. supra) et du rôle primordial de la liturgie, d’une liturgie redéfinie qui passe par la Parole, l’Eucharistie (suivant en cela l’ordinaire de la messe) mais aussi par l’architecture, les sculptures et le mobilier. Telles sont les caractéristiques majeures de cette église. Mais cette église, comme beaucoup d’autres, ne se comprend pas, ne se visite pas, ne se vit pas sans un détour, schématique et sans prétention théologique ou universitaire, par l’histoire.

« Pas de mystique sans considération des formes ; pas de formes sans plongée dans l’essence divine [...]» écrit Philippe Sollers (17).

« En ouvrant à la religiosité des fidèles toutes les vannes de l’émotion, le Concile de Trente a favorisé l’épanouissement d’un art sacré qui ne lésina pas sur l’épate » écrit, quant à lui, Denis Tillinac dans son beau « Dictionnaire amoureux du catholicisme » (17 bis).

Regardons et admirons donc cette belle église de plus près et voyons en quoi elle traduit ce moment passionnant de l’histoire de France et plus encore de l’histoire du catholicisme.

La façade

Photographie : Emmanuel Fournigault

Photographie : Emmanuel Fournigault

Belle façade, fraîchement refaite, sur trois niveaux : richesse des sculptures marquées par l’utilisation de ce que les architectes appellent les ordres riches (corinthien – avec feuilles d’acanthe –  et composite, mêlant corinthien et ionique – avec volutes – ceci dit en termes très schématiques dont je prie les spécialistes de m’excuser…). Pots à feu (vases surmontés d’une flamme caractéristique des églises classiques et baroques) en bas du troisième niveau et qui appellent sa base vers le haut, vers la Croix qu’ils entourent aussi au sommet du monument. 

Les colonnes engagées aux ordres riches

Photographie : Emmanuel Fournigault

Photographie : Emmanuel Fournigault

Le troisième niveau et ses pots à feu

Photographie : Emmanuel Fournigault

Photographie : Emmanuel Fournigault

Autre particularité marquante qu’on voit d’abord de l’extérieur (en pratique, à l’opposé de la façade) : l’absence de clocher au profit d’un dôme (extérieur) et donc d’une coupole (intérieur) ; marque de nombre d’églises de la Contre-Réforme, comme l’illustre également la chapelle de la Sorbonne (que j’ai pu visiter en compagnie de cette même historienne) ou bien encore la célèbre chapelle du Val-de-Grâce. 

Le dôme 

Photographie : Emmanuel Fournigault

Photographie : Emmanuel Fournigault


Que cela donne-t-il à l’intérieur et que signifie ce choix ?

 

Entrons dans l’église !

 

De l’intérieur, ce qui frappe immédiatement le visiteur c’est la lumière qui descend par la coupole et vient illuminer le choeur dans lequel se trouvaient, à l’origine, le maître-autel et le tabernacle en argent (tabernacle, invention de la Contre-Réforme) détruits pendant la Révolution française… La lumière illumine un choeur réaménagé au XIXè siècle mais la présence de la lumière céleste est toujours là.

Cette présence forte de la lumière, ce souhait ardent de voir, de ne pas trop se couper du monde extérieur expliquent aussi la présence de vitraux blancs, sans couleurs ou très peu (sur les pourtours). On rompt ainsi avec le vitrail gothique notamment. Le néo-gothique – qui sera le courant dominant au XIXè siècle (lorsqu’il faudra notamment reconstruire les églises pillées ou détruites sous la Révolution française) – renouera avec le vitrail coloré, riche aussi, superbe à l’évidence et sans doute plus proche de nous (l’église de ma paroisse d’adoption, Saint-Ambroise, dans le XIè arrondissement de Paris, en est une belle illustration). Pour autant, l’impression que donnent ces vitraux « immaculés » est saisissante. La convergence de la lumière entrant par les vitraux latéraux et la coupole vous rapproche irrésistiblement du choeur. C’est une expérience sensible très marquante

La nef centrale et le choeur 

Photographie : Emmanuel Fournigault

Photographie : Emmanuel Fournigault

Les vitraux et le triforium 

Photographie : Emmanuel Fournigault

Photographie : Emmanuel Fournigault

La coupole : puits d’une lumière intense

Photographie : Emmanuel Fournigault

Photographie : Emmanuel Fournigault

Autre caractéristique : il n’y a pas de déambulatoire (allées situées de chaque côté de la nef centrale). En revanche, on voit au premier niveau un triforium (galerie), lequel laisse donc toute la place à la nef et au choeur. Pourquoi ce choix ? On l’aura compris : pour rapprocher les fidèles, pour créer un espace unifié, unifié vers le choeur et donc vers le Saint-Sacrement (réponse évidente aux protestants qui ont si malmené les sacrements – cf. supra). Espace unifié : volonté de réunifier l’église chrétienne, de réaffirmer (cf. supra) la doctrine.

On saura une idée plus précise des caractéristiques d’un maître-autel et d’un tabernacle (meuble renfermant le ciboire dans lequel sont déposées les hosties consacrées pendant la messe) de la Contre-Réforme, en observant cette photographie de l’église de Redon (Ille et Vilaine) (18).

Photographie extraite du site consacré à l'église de Redon

Photographie extraite du site consacré à l’église de Redon

Autre élément majeur des églises classiques, le retable (construction verticale, en marbre ou bois, placée derrière l’autel et souvent constituée de plusieurs volets). Celui de l’église Saint-Paul Saint-Louis connut le même destin, évidemment, que le maître-autel et le tabernacle. Les peintures qui l’ont remplacé n’ont donc rien à voir avec le classicisme français.

Pour autant, on perçoit bien l’ensemble unifié que créent ces trois éléments majeurs. La photographie ci-après, (extraite du site consacré à l’église Saint-Vincent de Paul à Blois, elle aussi placée sous le signe de la Contre-Réforme et des Jésuites) (19), est en une très belle illustration.

 

 

Photographie extraite du site consacrée à l'église Saint-Vincent de Paul de Blois

Photographie extraite du site consacré à l’église Saint-Vincent de Paul de Blois

 

Regardez cet équilibre : maître-autel, tabernacle et retable. Un sentiment fort d’unité mais aussi de concentration vers l’essentiel, pourrait-on dire, s’en dégage.

C’est également cette volonté d’unité, de concentration des fidèles dans une nef unique qui explique que les chapelles de chaque côté de la nef soient peu profondes, voire dépourvues de toute profondeur, comme l’illustre cette photographie de l’église Saint-Paul Saint-Louis. Ces chapelles presque invisibles, renforcent l’unité du lieu et orientent les fidèles vers le choeur. On voit bien là toute l’influence de la doctrine de la Contre-Réforme (succinctement rappelée ci-dessus) sur l’architecture de l’époque.

Enfin, pour ceux qui se rendraient dans cette église, il faut la contourner par la rue Charlemagne et l’on observera une des autres caractéristiques majeures de cette église et du courant architectural dont elle est le reflet : un transept atrophié, atrophié afin, une fois encore, que les proportions de l’église soient toutes en faveur de la nef et du choeur : unité, rassemblement, convergence vers le Saint-Sacrement (cf. supra). Tout y est !

Photographie : Emmanuel Fournigault

Photographie : Emmanuel Fournigault

Si une partie importante du mobilier liturgique et des sculptures (cf. supra) a été détruit ou dispersé, l’architecture évidemment demeure. Ce mobilier, la richesse de ses matériaux (l’or, l’argent , le marbre, des bois riches…) sont aussi l’une des marques de l’ornementation de la Contre-Réforme, de sa volonté de (re)donner à l’église sa grandeur, de rendre sensibles les saintes et les saints sculptés ou peints, de rompre ainsi avec une austérité, une sécheresse dans les formes, les représentations et les couleurs qui avaient marqué la Réforme protestante mais aussi une partie du catholicisme (cf. supra).

Comme le dit fort justement Denis Tillinac, : « [...] si surcharge il y a, c’est celle de l’âme éperdue d’amour qui, dans son hommage au Créateur ne veut pas, ne peut plus ignorer les ressacs de ses vibratos charnels. » (18 bis).

On regardera aussi la chaire (ou tribune), même si elle doit être manifestement moins belle que la tribune d’origine, emportée par la fureur révolutionnaire… La tribune des églises n’est plus utilisée depuis longtemps. C’était le lieu dédié à la prédication, à l’adresse aux fidèles. Or, la Contre-Réforme a justement mis au centre de son projet de reconquête l’édification des foules.

L’enseignement prenait différentes formes, dont la prédication lors des offices. Le prédicateur de l’église Saint-Paul Saint-Louis fut le célèbre Louis Bourdaloue (1632-1704). La prédication fut un art littéraire comme l’illustre de façon magistrale l’évêque de Meaux, Bossuet (voir notamment le petit article consacré au « Sermon sur l’ambition » dans la rubrique « Inoubliables » de ce blog), contemporain de Bourdaloue.

Magistère de la prédication, adresse aux fidèles sur de nombreux thèmes de la vie : l’ambition, le pouvoir, la mort, mais aussi la dénonciation de la dévotion corruptrice aux biens matériels, aux richesses éphémères qui détournent le fidèle du but essentiel, du but unique de sa vie : son salut (cf. supra), sa participation active, avec Dieu, à son accomplissement.

Où l’on voit à nouveau l’importance de l’architecture, du mobilier et des ornementations dans l’exercice des devoirs religieux, dans le partage en un même lieu de convictions communes. L’architecture religieuse – j’espère tout au moins avoir réussi à l’expliquer au travers de ces quelques lignes – participe de l’expression des mouvements spirituels, des tournants majeurs des religions et, en l’occurrence, du catholicisme.

La chaire du prédicateur (XIXè)

Photographie  : Emmanuel Fournigault

Photographie : Emmanuel Fournigault

Parmi les nombreuses oeuvres que recèle cette église, on peut voir notamment un très particulier Christ au Jardin des Oliviers de Delacroix (1798-1863). Peint en 1827, il n’est guère fidèle à cet épisode bien connu de la Bible, comme le rappelait récemment Manuel Jover (20), mais il mérite évidemment l’attention. De même que cette représentation de Saint-Jérôme (347-420), Père de l’Eglise, traducteur de la Bible en latin, au regard éperdu. Regardez aussi l’angelot qui domine le tableau de Delacroix – on le retrouve sur la façade mais aussi dans les boiseries de l’église – marque parmi d’autres du classicisme de cette église. 

Delacroix : Le Christ au jardin des Oliviers

Photographie : Emmanuel Fournigault

Photographie : Emmanuel Fournigault

Photographie : Emmanuel Fournigault

Photographie : Emmanuel Fournigault

Saint-Jérôme (première moitié du XIXè)

Photographie : Emmanuel Fournigault

Photographie : Emmanuel Fournigault

Plutôt que de conclure cette note car la seule conclusion pratique, si je puis dire, serait que ses lecteurs aillent visiter ou revisiter cette belle église, je reprendrai quelques extraits du maître-livre d’Ignace de Loyola, « Exercices spirituels » (21)  - mais aussi du beau portrait déjà cité (cf. note 13) de François Sureau -.

L’organisation même des Exercices, de ce « livre fonctionnel », pour reprendre l’expression  de Jean-Claude Guy dans son Introduction aux Exercices (22), montre bien l’objectif d’enseignement que s’assignent Ignace et, plus largement, les Jésuites (cf. supra). Il s’agit, en quelque sorte, d’une méthode proposée, moins peut-être aux fidèles qu’à leurs instructeurs. Citons Ignace :

Paragraphe 21 : « Quelques exercices spirituels par lesquels l’homme conduit à pouvoir se vaincre lui-même et à fixer son mode de vie par une détermination libre d’attachements nuisibles » (23).

Paragraphe 23 (Principe ou fondement) : « L’homme a été créé pour cette fin : louer le Seigneur son Dieu, le respecter et, en le servant, être finalement sauvé » (où l’on retrouve la conception du salut déjà évoquée supra) (24).

Paragraphe 240 (Trois manières de prier) : « La prière préparatoire doit contenir la demande d’une grâce : qu’il me soit donné de reconnaître en quoi j’ai péché contre les préceptes du décalogue et de m’en corriger à l’avenir, les ayant mieux compris et (comme il est juste) les ayant observés plus fidèlement que de coutume pour la gloire de Dieu et mon salut. »  (c’est moi qui souligne, cf. supra) (25).

Apportons peut-être cette précision : les qualités littéraires des Exercices ont été contestées, y compris par certains Jésuites, au motif notamment que leur écriture était trop simple (on serait plutôt tenter de dire trop claire… et pour cause !).

Rangeons-nous à l’avis de François Sureau : « Il est curieux de voir que les commentaires jésuites des Exercices spirituels ont continûment refusé à ce petit livre le statut d’oeuvre, motif pris d’une superstition moderne [...] selon laquelle, pour être vrai, il convient de se refuser aux séductions de la forme. Ainsi la la littérature ne serait-elle guère compatible avec la sainteté. [...] Mais la langue des Exercices n’est pauvre que pour ceux qui croient au « beau style  ». Pour les autres, elle sert, y compris sur un plan spirituel, une tentative profondément novatrice d’ouvrir l’existence humaine au discours attendu de Dieu, et la perfection avec laquelle elle atteint ce but lui confère une beauté sans exemple, qui obligerait plutôt à réhabiliter, en Ignace, la littérature entière. » (26).

*****

Alors visitons ou revisitons cette église, lisons ou relisons François Sureau et, bien évidemment, méditons mais aussi pratiquons (pour ceux qui le peuvent) avec Ignace de Loyola, cet homme au parcours contradictoire, tendu et heurté mais qui, dans la souffrance physique notamment, a compris, ressenti au plus profond de lui que la vraie vie était ailleurs….

Emmanuel FOURNIGAULT 

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(1) Devise des Jésuites. 

(2) Les précisions architecturales apportées dans cette note sont bien évidemment le fruit des explications claires et fort pédagogiques de l’historienne que je remercie pour sa capacité à rendre accessibles, sans les vulgariser ou les simplifier à l’extrême, les termes de l’architecture – notamment religieuse – mais aussi le sens de l’évolution des styles ou bien encore la juxtaposition dans un même lieu (ce qui est le cas pour cette église) de styles et donc d’influences différents et fort variés.

Les précisions historiques et religieuses sont le fruit de mes quelques lectures et recherches qui référencées ci-après.

(3) Louis IX dit Saint Louis, 1214-1270. Le huit centième anniversaire de sa naissance, à Poissy, fait l’objet d’une relative indifférence des grands médias. Les projecteurs sont en effet orientés (ce qui peut se comprendre) vers le déclenchement de la Grande Guerre de 1914 et le débarquement des forces alliées en juin 1944. On trouvera néanmoins plusieurs dossiers dans les revues et magazines d’histoire. Cette dynastie est remarquable : le grand-père de Saint-Louis, Philippe Auguste, a étendu les fiefs royaux et assis l’autorité des capétiens. On célèbre aussi cette année, décidément fort riche, la victoire de Bouvines (27 juillet 1214), victoire du royaume de France contre les forces coalisées germano-flamandes. On trouvera notamment dans La Nouvelle Revue d’Histoire de juillet-août (n° 73) un très beau et bon dossier sur Bouvines et le règne de Saint-Louis.

(4) Voir notamment, Pierre GOUBERT, « Introduction à l’histoire de France », Fayard-Taillandier, pages 45-47.

(5) Les précisions historiques sur cette période du catholicisme français et, plus largement, d’une partie du christianisme (grosso modo, celui de l’Occident ; le schisme orthodoxe du XIè siècle (1054) ayant été «digéré»…) sont principalement tirées de deux livres, fort différents, dans leur objectif et leur contenu (abrégé d’histoire illustré pour l’un, introduction à l’immensité de la littérature catholique pour l’autre) mais fort agréables à lire.

- Marie Pinsard, « Histoire du christianisme en France»,  éditions Ouest-France (2010) dont on doit souligner en particulier la richesse et la qualité des illustrations ;

- François Huguenin, «Les voix de la foi, vingt siècles de catholicisme par les textes», éditions Perrin (2012).

Il s’agit d’une anthologie des textes majeurs du catholicisme, organisée de façon chronologique et qui, outre une série d’introductions aux périodes marquantes du catholicisme (dont une sur les réformes) propose des extraits de textes qui peuvent constituer une bonne entrée en matière pour qui souhaite se plonger dans cette littérature immense et essentielle qu’est celle du catholicisme. Littérature qui, au-delà des convictions ou de l’absence de convictions religieuses de chacun, constitue l’une des clés de la compréhension de l’histoire de notre civilisation. C’est toute la différence entre une approche purement historique de la religion (évidemment nécessaire) ou du fait religieux, souvent indissociable du fait politique, et une approche fondée sur le recours aux textes qui permet de comprendre de l’intérieur, en quelque sorte, les concepts, les oppositions doctrinales et les hostilités radicales qui ont traversé et façonné le christianisme. Le danger possible de l’approche purement historique est en effet de présenter l’histoire au travers du prisme des valeurs de notre époque qui peine à comprendre les guerres de religion, les conflits doctrinaux majeurs et considère que le progrès – dont elle se veut être trop souvent, me semble-t-il, la gardienne sourcilleuse – c’est nécessairement la paix civile (évidemment préférable aux affrontements !), le renvoi des religions dans la sphère privée (fondement du libéralisme politique) et donc la subordination de toute conviction religieuse à un ordre et à des principes supérieurs : le régime de la laïcité et les droits de l’homme (ceci en termes évidemment très schématiques)… que beaucoup considèrent comme un aboutissement mais que d’autres préfèrent appréhender comme un moment parmi d’autres de notre histoire. 

Sur ces questions passionnantes de la pensée de la politique (et essentielles, me semble-t-il, à la compréhension du régime politique sous lequel nous vivons), de son « émancipation » progressive de la religion ou bien encore de l’histoire du libéralisme politique qui est désormais le cadre d’exercice du pouvoir dans les démocraties modernes, on pourra se reporter notamment à :

- Philippe Bénéton (qui fut mon professeur de science politique en faculté de droit), « Introduction à la politique moderne », éditions Hachette-Pluriel (1987) ; 

- Pierre Manent (philosophe, ancien assistant de Raymond Aron, membre du comité de rédaction de la revue aronienne, Commentaire), « Histoire intellectuelle du libéralisme », éditions Calmann-Lévy-Pluriel (1987).  

(6) Op. cité, pages 56 à 63.

(7) Op. cité, pages 351 à 361.

(8) On emprunte cette expression au très bel article que Philippe Sollers a consacré aux Jésuites dans « Eloge de l’Infini » (Gallimard-Folio, 2003), voir pages 255 à 269.

(9) Op. cité. Sur la Contre-Réforme et le concile de Trente, voir les pages 64 à 69.

(10) Ibid, page 65.

(11) Voir François Huguenin, op. cité, pages 375 et suivantes.

(11 bis) Ibid, page 379. 

(11 ter) Ibid, page 379.

(12) Thérèse d’Avila, , «Le château intérieur ou les demeures de l’âme», in « Thérèse d’Avila, Jean de la Croix, Oeuvres », bibliothèque de La Pléiade. On retrouvera les trois premiers chapitres dans la collection Folio-Sagesses. De même, peut-on lire avec bonheur «Le chemin de la perfection», éditions du Seuil, collection Livre de vie et la lumineuse introduction de François de Sainte-Marie.

(13) François Sureau, Inigo, (Gallimard-Folio, 2012). On peut lire, avant ou après, la belle analyse qu’en fait Elisabeth Bart (qui fut mon professeur de français en classe de Première et à qui je ne rendrai jamais assez hommage…) sur le blog Stalker : « Inigo ou la liberté absolue» : http://www.juanasensio.com/archive/2010/12/11/inigo-francois-sureau-elisabeth-bart.html

(14) François Sureau, op. cité, page 90.

(15) Philippe Sollers, op.cité, page 257.

16) Pour une introduction au baroque savoyard, on se reportera à la série de notes qu’ Elisabeth Bart lui a consacré sur le blog des « Amis de la collection Bernard Lacroix. »  : http://amisdelacollectionbernardlacroix.hautetfort.com/archive/2012/03/12/le-baroque-savoyard.html

(17) Philippe Sollers, op. cité, page 266. Sollers  ne paraît pas cependant faire la différence entre le Baroque et le Classicisme. Pas plus, dans son article «Sacré Jésuite» repris dans «Discours parfait», Folio (2011), pages 154. Denis Tillinac dans son beau «Dictionnaire amoureux de la France» souligne bien cette différence et cette spécificité française, Plon (2008). Voir l’article « Classicisme » (pages 62 et suivantes). On ne saisit pas trop pour quelles raisons il n’en fait pas de même dans son « Dictionnaire amoureux du catholicisme» , voir note 17 bis. On peut proposer cette interprétation sommaire : le dictionnaire étant, par définition, constitué d’articles colligés et d’entrées forcément limitées, le second dictionnaire – qui ne contient pas d’article consacré au classicisme – a voulu couvrir toute cette période en la rattachant au Baroque. L’approche est d’abord axée sur le catholicisme et non sur la France, ceci explique peut-être cela … Mais peu importe au regard du modeste objet de cette note !

(17 bis) Denis Tillinac, « Dictionnaire amoureux du catholicisme »,  Plon (2011). Voir l’article « Baroque » (pages 100 et suivantes).

(18) Photographie extraite du site : http://fr.topic-topos.com/maitre-autel-et-retable-majeur-redon.

(18 bis) Denis Tillinac, op. cité, page 103.

(19) Photographie extraite du site : http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Blois/Blois-Saint-Vincent-de-Paul.htm

(20) Voir La Croix du samedi-dimanche 14 et 15 juin, page 15. 

(21) Saint Ignace de Loyola, « Exercices spirituels », Points-Sagesses (1982). Texte définitif (1548).

(22) Op. cité, pages 19-20.

(23) Op. cité, page 59.

(24) Op. cité, page 60.

(25) Op.cité, page 118.

(26) François Sureau, op.cité, page 171.

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